Sexe, Picole et Rock 'N Roll : Chroniques d'un cadre.

- SAISON 2 - * Inspirées de faits réels

01 février 2007

iPhone by Apple

20070109Samedi. 16h. Le type d'Apple m'a recontacté.

"Je vois que vous ne perdez pas le sens du business en sortant du bureau [allusion faite à ma remarque sur le "prêt"]. J'ai du nouveau. Une bonne et une mauvaise nouvelle. Nous ne souhaitons plus vous PRETER l'Apple iPod Hi-Fi dont nous avions parlé jusqu'ici. Cependant, nous vous avons sélectionné parmi une groupe de blogs dits 'influenceurs". A ce titre, nous serions très heureux de vous OFFRIR le nouvel iPhone en Exclusivité (il n'est pas encore commercialisé aux USA!). J'ai cru comprendre que vous aviez des problèmes de téléphone. Notre produit saura rapidement les résoudre et vous convaincre. Merci de bien vouloir me communiquer vos coordonnées pour vous faire le parvenir. Bien cordialement."

Mes coordonnées ? Merde. A travers ce blog, j'ai toujours préservé mon identité. Loin de moi l'envie de jouer les people ou les starlettes de pacotilles. J'écris un blog. C'est tout. Je n'ai aucunement l'intention de prétendre à autre chose qu'écrire. Si je lui donne, je serai découvert. Mon identité sera identifiable. Mouais... D'un autre côté, qui peut bien chercher à tout prix à me connaitre ? Mon employeur à la rigueur. Encore que je n'ai jamais craché dans la soupe. Les papparazzi ? Je sors avec Penelope Cruz. S'ils tombent sur le blog, il pourraient alors me retrouver ! En même temps, s'ils devaient croire tout ce qui est écrit sur les blogs, ils ne s'en sortiraient pas. Qui alors ? Quel préjudice puis-je subir en lui donnant ? Et puis, j'ai bien envie de tester son iPhone ! C'est décidé. Je lui lache mon nom et lui pique son iPhone.

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03 février 2007

Proposition indécente.

Jeudi. 18h57.
"Tu fais quoi ce week-end ?"
C'est la deuxième fois qu'Eloise me pose cette question par mail. La première fois, c'était en post scriptum d'un mail me demandant quand la suite de mon blog serait publiée. La seconde était l'objet d'un autre mail. La demande de l'une des abonnés à la newsletter de mon blog m'a paru insistante.
"Pourquoi ?" je lui réponds.
Sa réponse est instantanée. Elle est sûrement connectée à sa boite mail.
"J'ai invité quelques amies vendredi chez moi. Tu veux te joindre à nous ?"
Je n'ai encore rien de prévu. Cette invitation m'a paru sympathique. Pendant un instant. Puis en relisant son mail, je me demande si Eloise ne me proposerai pas un dîner de con dont je serai l'invité d'honneur. Une bande d'amies qui invite un inconnu - certes précédé d'une rumeur faisant état d'une identité bien moins anonyme - chez eux pour seul motif qu'il est un "auteur électronique" qu'ils aiment bien me parait suspect. C'est sûrement mon côté suspicieux qui surgit. Je ne me vois pas du tout débarquer au milieu d'une foule de gens que je n'ai jamais vu. Que vais-je leur dire ? De quoi allons-nous parlé ? De moi ? De ce blog ? Super ! Passer la soirée à parler de soi, je ne pouvais pas trouver pire plan pour démarrer mon week-end. Sans hésiter, je lui sors une excuse.
"Ce serait avec plaisir. Mais je vais travailler tard vendredi soir. Je vous rejoindrais peut être après s'il n'est pas trop tard."
Une petite promesse en l'air n'a jamais tué personne. Sa réponse est immédiate.
"Cool. N'hésite pas à me téléphoner (mon numéro : 06.64.xx.xx.xx). Appelle quand tu veux. Je t'attendrais ;-)"
"Je t'attendrais" ? Que cela signifie-t-il ? C'est une avance, c'est évident ! Que faire. Cette fille m'a paru sympa. Ou tout du moins, rien dans ses mails ne laisse penser qu'elle est "dérangée", ce qui est déjà une bonne chose de nos jours à Paris. Mais cela reste des mails. C'est insuffisant pour pouvoir la jauger. Il me faut obtenir plus d'infos. Je décide d'adopter une technique qu'un ami recruteur m'a conseillée : "Avant de recevoir un candidat, je le google systématiquement pour en savoir plus sur lui". Son adresse mail m'indique son nom et son prénom, que je copie-colle dans l'espace de recherche de Google. 0,31 seconde plus tard, le moteur de recherche m'affiche trois résultats pour la requête "Eloise de Pachaume". Le premier lien m'oriente vers le site de recherche d'anciens camarades de classe, copainsdavant.com. Bonne nouvelle, je vais pouvoir mieux la connaître. Très bonne nouvelle, elle a déposé des photos d'elle sur sa fiche. Excellente nouvelle, Eloise est absolument exquise ! Sur la première photo, la ravissante jeune femme tient un verre de vin rouge dans sa main droite. L'angle de la photo présente son profil partiellement dissimulé derrière sa longue chevelure blonde. Son sourire franc mains néanmoins charmant laisse suggérer sa bonne humeur tandis que le verre dévoile son esprit festif. La seconde photo confirme le sentiment né de la première. Allongée sur un lit en compagnie d'une amie, Eloise semble poser pour l'objectif. Sous sa casquette camionneur rouge, elle mime un air faussement sérieux qui ne cache pas totalement le fou-rire qui a probablement, selon toute vraisemblance, surgi après la prise de la photo. Les deux filles semblent s'amuser, heureuse de la soirée qu'elles passent avec le photographe de l'instant. Rassurée sur l'identité - enfin surtout par le charme - d'Eloise, je passe rapidement aux autres informations indiquées sur sa fiche sans prêter y une réelle attention. Immédiatement, je lui réponds. "Oui, tu peux m'attendre, je passerais sûrement mais tard."

eloise

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04 février 2007

Pas de nouvelle, bonne nouvelle ?

Vendredi. 13h18. Je n'ai toujours pas reçu de nouvelles de Pen. Ca fait maintenant une quinzaine de jours qu'elle ne m'a pas téléphoné. A peine quelques mails envoyés. Rien de plus. Ca m'inquiète. Est-ce sa façon de me plaquer ? Je ne sais pas quoi faire. Impossible de l'appeler, elle ne m'a pas donné son numéro de téléphone portable. A chaque fois, c'est elle qui me contacte.

En sortant de mon rendez vous chez un client, un peu perturbé par cette histoire, je me suis rendu à la boutique Relay de la Gare Saint Lazare pour trouver quelques magasines. Puisque je ne sais pas à quoi m'en tenir, puisque je ne peux plus rester ainsi, puisque cette situation me ronge, je me suis dis que je pourrai trouver quelques infos dans Voici ou Gala. La méthode est plutôt minable, je le sais pertinemment. Mais que faire d'autre ? Il faut que je sache. J'arpente stupidement les rayons de la presse féminine. Public, Closer, Glamour, Elle, Paris Match... Voici. Ca y est ! Je l'ai trouvé. Discrètement, je jette un coup d'oeil à droite, puis à gauche. Merde. Une femme d'une quarantaine d'années feuillète le dernier Elle juste derrière moi. Soudain, elle s'arrête, lève la tête dans ma direction et me fixe d'un regard accusateur. Je tourne aussitôt les talons, en direction du rayon le plus proche : les revues pornos ! Merde. C'est pire. J'ai définitivement l'air con. Pour sauver la face, je contourne l'étalage des pornos et attrape Capital. Je fais montre de le lire pour patienter jusqu'au départ de Miss Elle. Sitôt disparue, je profite de l'instant d'accalmie dans le magasin pour prendre un exemplaire de Voici, que je m'empresse de cacher sous celui de Capital. En les présentant à la caisse, la vendeuse métisse esquisse un petit sourire moqueur en découvrant l'hebdo people.
- C'est professionnel !
Mais merde ! Pourquoi ai-je besoin de me justifier ? Je fais ce que je veux ! C'est dingue ça. C'est grâce à moi si elle bouffe ce soir ! Non mais de quoi je me mêle ?

PENDans le bar situé à l'une des extrémités du hall de la gare, je m'installe à une table reculée pour vérifier en toute quiétude les nouvelles fraîches de la communauté internationale des célébrités. Des informations capitales s'enchaînent les unes après les autres, dont plusieurs sont annoncées en enfilade sur une même page. On peut lire jusqu'à 12 scoops par page ! Quel journal peut se targuer d'un contenu si dense ? D'une si forte rentabilité ? Je tourne les pages à vive allure comme si j'avais un train à prendre. J'en suis à la page 21, et toujours rien sur Pen. Je ne sais pas si je dois m'inquiéter ou me rassurer. A peine ai-je le temps de trouver une réponse à cette question existentielle que Penelope apparaît en photo sur une demie-page. La photo la dévoile en robe de soirée blanche et annonce qu'elle met sa carrière d'actrice entre parenthèses pour se consacrer à la réalisation et à sa vie privée : "Penelope et Matthew à nouveau séparés !" J'aurai du me sentir soulagé. Mais en fait, je savais déjà tout ça. A plusieurs reprises nous avons crus nous faire remarquer par des paparazzis. Elle m'avait dit que nous ne pouvions pas continuer ainsi plus longtemps. Il était temps qu'elle officialise sa rupture avec Matthew. Ce jour là, j'ai compris que le cinéma ressemblait à n'importe quel business : elle m'a dit qu'elle choisirait une date propice pour annoncer à la fois sa rupture et la nouvelle direction qu'elle veut donner à sa carrière, la réalisation. L'annonce de sa rupture ferait la une des tabloïds internationaux. Cela lui permettrait de faire parler encore plus de cette nouvelle orientation stratégique. Ca m'a parut curieux au départ. Mais finalement, cela n'a rien de scandaleux. Je l'ai comprise et lui ai apporté mon soutien. Mais quoiqu'il en soit, elle m'a complètement zappé. Je reste sans réponse. Dans l'attente permanente d'un coup de fil. Dans l'espoir de la rejoindre au Georges V, au Plaza Athénée, ou n'importe où tant que je peux la revoir. Assis sur cette chaise de bar minable et sale, au milieu de la gare Saint Lazare alors que je ne n'attends aucun train, avec Voici sur les genoux, je prends conscience du ridicule de cette situation. Et puis merde ! Ce soir j'appelle Eloise !

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11 février 2007

Et si on passait à une version papier ?

Vous êtes toujours aussi nombreux. Et même toujours un peu plus chaque jour. Mais comme je ne vois plus beaucoup de commentaires, je me pose quelques questions. La plus évidente est "Est-ce que la saison 2 est vraiment plus nulle que la 1 ?". Mais cela ne m'inquiète pas tellement. Par contre, une autre attire plus mon attention.

Dois-je continuer à écrire sur le blog ? Au contraire, dois-je le publier sur un format "livre" en prenant d'abord le soin de reformater/réécrire le tout ? (et ainsi je pourrais présenter une version convenable à des éditeurs). Bref,

Préfériez-vous lire "Sexe, Picole et Rock 'N Roll : Chroniques d'un cadre" sur papier ?

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12 février 2007

Pause pub

Petite pause...

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13 février 2007

Eloise, la rencontre.

Vendredi. 2h30.

- Allo ? C'est Hugo. Je suis en bas de chez toi.
Quelque part au coeur du 16e arrondissement de Paris, à deux pas de la place Victor Hugo, une pièce s'éclaire. Une porte-fenêtre s'entrouvre au milieu de la façade hausmannienne.
- Je t'ouvre, me fait-elle du balcon.

L'immeuble ancien est élégant et l'entrée de bonne facture. Un immense miroir orne le mur gauche du hall. Du marbre partout ailleurs. Au milieu d'un champ de colonnes de marbre beige, un tapis rouge et or me guide jusqu'aux escaliers qui tournent autour d'un ascenseur. 5e étage.
Les photos n'ont pas menti. Eloise, qui m'accueille poliment à la sortie de l'ascenseur, est tout aussi charmante en vraie. Un top noir satiné, légèrement transparant, laissant à peine deviner son soutien-gorge en dentelle noir, lui cintre la taille et la poitrine. Un sautoir doré Chanel entoure dignement son cou et tombe jusqu'au nombril. Quelques bracelets Hermes en or s'entrechoquent le long de ses poignets. Au dessus de bottes en velours noir à talons aiguilles, ses fines cuisses sont moulées dans une mini jupe noire très chic. Enfin, un long gilé en cashemir noir agrémente l'ensemble avec élégance.

- Je ne t'attendais plus. Mes amis sont partis depuis une bonne heure et je me suis assoupie dans mon lit juste après leur départ, ment-elle, les yeux pétillants.
- Je suis désolé. Je peux te laisser dormir. Tu préfères que je repasse une autre fois ?
- Non, non. C'est vendredi, je n'ai pas école demain, plaisante-elle en entrant dans l'appartement. Je suis une grande fille tu sais !
- Hum... qui vit encore chez ses parents ?!
L'appartement est gigantesque. Un palace. En plein 16e arrondissement, il doit valoir une fortune. Eloise est visiblement issue d'une famille bourgeoise. Ce qui, à la réflexion, ne m'étonne pas tellement. Elle a cet air précieux des filles de familles bourgeoises qu'on peut deviner au premier regard. Ces familles dont les mères les couvent jusqu'à ce qu'elles se marient. Ces familles où l'on se vouvoie. Où l'on fait la prière avant même de se dire bonjour. Où l'on dit le bénédicité. Ces familles qui chassent le dimanche avec les camarades des confréries tels que le Rotary ou le Lion's Club. La mère avec la veste en velours rouge et le pantalon écossais. Le père avec la veste Barbour vert bouteille et le pantalon beige. J'arrive très bien à imaginer Eloise, petite fille, portant une jupe plissée écossaise assortie à son sert-tête vert et rouge, ses chaussettes blanches coincées sous les genoux et ses souliers vernis. Qu'importe. Aujourd'hui, Eloise a bien grandi et si elle semble avoir conservé quelques manies, elle est maintenant tout à fait désirable.
DCOO231La hauteur sous plafond - voûté - est vertigineuse. Le sol de l'entrée est inondé d'un marbre rose un peu vieillot mais sans conteste très noble. Sur le mur de gauche, il y a un tableau de plus de deux mètres sur trois digne du Louvre. Au milieu de plusieurs chaises et de meubles d'époque, un buste en marbre d'un notable du XVII e siècle surveille les arrivées et sorties. J'avoue avoir ressentie une certaine peur en pénétrant dans cette demeure. Comme si j'étais suspendue dans le vide. Le vertige m'a saisi.
- Tu comptes passer la soirée dans l'entrée, me demande Eloise déjà passée dans une pièce voisine.

J'ai immédiatement pensé à mes grands-parents en entrant dans le salon. Moquette aux motifs sophistiqués, grands tableaux de maîtres intemporellement reconnus, sculptures des profils de ses ancêtres, chaises et fauteuils peints à la feuille d'or, canapés recouverts de tissus nobles représentant des fleurs, vases en cristal, meubles Louis XV, bureau doré tout droit sorti du château de Versailles, services à thé en porcelaine de Chine de l'an 1000 avant JC, lampes et rideaux volés à l'Elysée et j'en passe tellement cette pièce regorge de détails et d'objets précieux en tout genre. Je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer mes grands-parents déambuler dans cette pièce. DCOO232Je suis persuadé que tous deux auraient été enchantés de vivre dans une telle demeure. Je pouvais deviner le sourire de mon grand père tout heureux d'avoir le privilège de s'asseoir sur un canapé si beau. Il aurait méticuleusement analysé la confection de celui-ci, de la sculpture du bois au tissage du tissu, comme l'aurait fait tout grand fanatique de l'artisanat, du travail réalisé à la main et à la sueur. Ma grand mère, de son côté, se réjouirait sur le drapé des rideaux puis sautillerait jusqu'au service à thé qu'elle aurait un malin plaisir à dépoussier - bien qu'il l'ait sûrement été ce matin même - et le placerait à sa convenance pour qu'il soit mis plus en valeur. Où que je tourne mon regard, je vois à présent mes grands-parents.
- Mes parents sont partis en week-end à Deauville. Ne t'inquiète pas.
- Je ne suis pas inquiet.
- Je ne vis pas ici, ne manque-t-elle pas de préciser. Je devais récupérer des affaires alors j'en ai profité pour organiser une soirée avec une douzaine amis d'enfance. Comme à la bonne vieille époque étudiante, souffle-t-elle.
- Tu en es si nostalgique ?
- Moins de stress, moins de contraintes. Qui ne la regrette pas ?
Je suis tenté de lui avouer que, moi, je ne la regrette pas spécialement. C'était une excellente période de ma vie. Mais l'actuel, caractérisée par mon indépendance financière, ne me déplaît pas du tout. Mais je doute qu'elle comprenne de quoi je parle.
- Je pensais rencontrer tes amis.
- Ils sont partis tôt. Nous avons une soirée en banlieue demain soir. Ils voulaient être en forme je pense.
La pièce m'a paru curieusement propre pour avoir accueillie, il y a seulement une petite heure, une douzaine de personnes venues faire la fête.
- Et toi ?
- Je t'attendais, me glisse-t-elle amusée. Assieds toi sur le canapé. Je t'offre un verre ?
- Volontiers.
Je crois que c'est la première fois que j'emploie un tel mot en dehors du travail.
Alors que j'attendais qu'elle m'énumère les bouteilles du bar de papa, elle quitte la pièce subitement. Et aussi vite, elle revient avec un plateau en argent, sur lequel trône une bouteille de Dom Pérignon frappée, deux flûtes en cristal et une coupe remplie de fraises. A part Superman et Flash Gordon, personne n'aurait pu préparer ce plateau si vite. A moins, bien sur, de l'avoir fait à l'avance.
- Alors voici le célèbre Huggo !
- "Célèbre Huggo" ? N'exagérons rien.
- C'est marrant de te voir enfin.
- Déçue ?
- Non, non. Pas du tout. En fait, je ne t'imaginais pas du tout comme ça.
- Je dois être content ou effrayé ?
- Ni l'un ni l'autre.
Merde !
- Comment t'expliquer. Au début, je me disais "Encore un boutonneux féru d'informatique qui raconte sa vie sur internet".
- Sympa, lui dis-je mal à l'aise.
- Non, non. Attends, laisse moi finir. Ca c'était au début ! Après en lisant, je me suis prise au jeu et j'ai aimé. Et puis ma vision a évolué et je t'ai imaginé différemment.
- C'est à dire ?
- Je sais pas. Un type un peu trop sur de lui. Gueule de mannequin, à l'air orgueilleux. Pas très sociable. Très élégant. Bon pour ça, je ne me suis pas trompé, reprend-elle en regardant ma chemise noire Prada.
- Merci.
- Heu... je disais ça pour l'élégance pas pour la gueule de mannequin ! rigole-t-elle.
- Inutile de préciser !
- C'est un plaisir, assure-t-elle en me fixant droit dans les yeux. Enfin voilà quoi. Voilà comment je t'imaginais. Mais... malgré tout, il y avait quelque chose chez toi qui m'attirait. Je ne saurais dire quoi. C'est bizarre.
- C'est à dire ?
- Il y a des choses qui ne s'expliquent pas.
Elle marque une pause, vide la moitié de sa flûte d'une seule gorgée et nous ressert un verre chacun.
- C'est marrant, reprend-elle.
- Quoi ?
- J'avais plein de questions à te poser. Mais maintenant, je ne m'en souviens plus d'aucune !
- Une chance ! lui dis-je en souriant.
- Ah si ! J'en ai deux. C'est vrai cette histoire avec Penelope Cruz ?
Il est tard. Elle est presque bourrée. Je suis fatigué. Inutile de m'évertuer pendant des heures à la convaincre. Et comme avec tous les autres, je sais très bien comment cela finira. Je vais passer pour un abruti et un menteur. Ou pire : pour un dingue qui rêve éveillé.
- Non, c'est la partie fiction de l'histoire.
- Bravo. J'ai failli y croire. A cause de certaines photos, des détails dans les descriptions. Mais quand même. C'était trop énorme. C'était tellement évident que c'était de la fiction !
Oui, c'est ça. C'est tellement évident que tu me poses quand même la question ! J'aimerai voir ta gueule lorsqu'on fera la couverture de Voici !
- Et... Je suis la première de tes lectrices que tu rencontres ?
- Tu es la toute première. En fait, tu as aujourd'hui la seule à savoir que je suis l'auteur de ce blog.
- Tes amis aussi, non ?
- Certainement pas ! J'imagine mal la tête de certains s'ils lisaient les trucs que je balance dedans. Encore qu'il n'y a pas non plus de trucs salauds sur eux. Mais bon. J'ai déjà vu le résultat avec l'une d'entre elles et je ne préfère pas renouveler l'expérience.
- Maeva ?
- Oui. Ah ! C'est vrai... J'oublie parfois que tu sais tout de moi !
Elle sourit puis remplie à nouveau nos coupes de champagne.
- Comment l'a-t-elle connu ? Comment a-t-elle réagi ? me questionne-t-elle en allant chercher une autre bouteille de champagne dans la cuisine.
- Je ne sais pas. Je n'ai pas eu le temps de lui poser la question. Elle était super furax. Elle a lu le blog, y a déposé un commentaire très... "sympa" disons.
- Et depuis ?
- Plus vraiment de nouvelles.
- Dommage, elle avait l'air sympa.
- Et toi ? je lui demande pour changer de conversation. Tu es maquée ?
- 200% célibataire. Tu as des copains à me présenter ?
- Oui sûrement. Enfin, ça dépend. C'est quoi ton style de mec ?
- Difficile à dire. C'est le genre... Des mecs dans ton style je dirais, assure-t-elle avec son élégant sourire en coin. Et toi ? s'empresse-t-elle d'ajouter. Tu es avec quelqu'un ?
- Non.
- Peut être qu'on pourrait se voir plus souvent alors, propose-t-elle en s'asseyant près de moi. Enfin, si ça te dit.
- Ca me va tout à fait, lui dis-je en glissant ma main dans ses cheveux (technique hautement ringarde, certes, mais terriblement efficace à ce stade).

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15 février 2007

Eloise, la généreuse.

Vendredi. 2h43.

Eloise s'approche et m'embrasse. D'abord délicatement. Un léger baiser sur les lèvres. Un second sur le coin de la bouche. Un troisième avec le bout de la langue. Alors que ses gestes sont attentionnés, tout à coup, elle attrape ma lèvre inférieure avec les siennes pour la glisser entre ses dents. Eloise exerce une légère pression. Je suis surpris et la douleur se ressent. Elle bascule d'un coup sur moi, s'asseyant à cheval sur mes cuisses. La fougue s'empare d'elle. Sans même m'en rendre compte, je suis torse nu.

Elle dépose des baisers sur mon cou. Sur mes épaules. Sur ma poitrine. Sa langue me caresse les tétons. Ses ongles me griffent le dos tandis que ses jambes vont et viennent sur mes cuisses, frottant nos sexes l'un contre l'autre à travers nos vêtements. Je suis dépassé. Elle me contrôle totalement. Tout ceci semble être arrivé si vite. Je n'avais rien planifié de tel. Elle défait ma ceinture et la retire vigoureusement. Puis, d'un seul geste franc, elle soulève son top et son sautoir. Sans trop réfléchir - l'habitude sans doute - je détache son soutien-gorge. Le bruit de ses bracelets qui cognent les uns contre les autres résonne bruyamment dans ma tête. Je n'entends plus que ces cliquetis. Mais Eloise ne semble pas y prêter attention. Elle me tire vers elle par les épaules pour me plaquer le visage contre sa poitrine. Ses seins - bien que petits - sont très excitants. Froids et fermes. Ses petits tétons pointés vers moi sont parfaitement dessinés. Je les embrasse et m'amusent à les faire glisser entre les lèvres, entre les dents. Elle semble beaucoup aimer ça. Mais cela ne va pas assez vite pour elle. Eloise me repousse, se retourne, bascule en arrière. Elle s'empare d'un coussin, le dépose entre mes pieds et s'agenouille dessus. Confortablement installée, elle ouvre ma braguette et y plonge la main. Ma bite est saisie vigoureusement avant d'être plongée dans sa bouche. Une fois. Deux fois. Par le côté ensuite, elle la sert entre ses lèvres puis monte et descend plusieurs fois. Elle me fixe du regard en tendant la langue sur le bout de mon sexe. La pointe de sa langue caresse mon gland. Soudain, elle me mord. Bien que la pression est malicieusement maitrisée et qu'elle pense me faire plaisir, la douleur me saisit. Elle plonge à nouveau ma queue au fond de sa bouche puis me suce par des vas-et-vients.

Alors qu'elle calme le rythme, je repense à Penelope. Je repense aux mails qu'Eloise m'a envoyé. Je me demande comment j'en suis arrivé jusque là. Je me demande comment cela va se terminer. Je me demande quand je vais revoir Pen.
Par moment, je sens les dents d'Eloise glisser le long de mon sexe. La sensation est génante. Si le plaisir d'une féllation est incomparable, la pression de ses dents me gêne terriblement. J'essaie de ne pas y penser. Rien à faire. La douleur s'accentue. Eloise caresse en même temps mes couilles. Elle marque une pose. Elle lèche toute la longueur de mon sexe. Immédiatement, cela appaise la douleur. J'ai la sensation d'avoir été brulée. Une fois encore, elle me jète un regard fier. Des deux mains, elle empoigne ma queue et commence à me branler entre ses seins. Je me sens terriblement mal à l'aise. Je suis toujours spectateur. Elle contrôle la situation. Je ne souhaitais pas en arriver là. Je ne voulais pas qu'on baise ensemble. Enfin, je crois. Qu'est-ce que je fais ici ? Pourquoi ?

Elle accentue le mouvement. Sa langue tapote le bout de ma queue à chacun des mouvements de ses mains. Je n'en avais pas envie. Elle me lèche le bout du sexe enveloppé dans le creux des ses mains, tout en continuant de me masturber.
Si Penelope sait ça. Si...
Eloise me branle encore plus vite et frotte mon sexe contre ses tétons. Je n'aurais pas du venir. Je... Je... Je...
- Putain ?! crie-t-elle.
- Je...
- Merde. Je n'arrive pas à y croire ! Qu'est-ce que tu fous là ? Débande pas merde !
- Ecoute, je suis vraiment désolé. Je... J'ai la tête ailleurs. Je suis vraiment désolé. Je...
- Putain ! Je suis dégoutée ! lache-t-elle en se relevant. Fais chier ! Merde... Et moi qui croyais tu étais un coup sûr !
- Hein ?
- Pourquoi tu crois que je t'ai fait venir ? Quel con ! Allez, rentre chez toi pauvre naze !

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21 février 2007

ENFINNNNN !

Samedi 10h. Il était temps. Je rêve de cet instant depuis des mois. Enfin, enfin, enfin ! Je suis en vacances ! Aaaaaah ! (ceci est un cri de soulagement exprimant à la fois le soulagement, l'excitation, la joie et plein de choses encore mais on ne va pas y passer des heures non plus).
california_san_francisco_golden_bridgePen m'a proposé de passez une quinzaine de jours dans sa villa en Californie ! J'en rêve. Je n'y ai jamais mis les pieds. A moi le soleil. A moi les palmiers. A moi les plages de sable chaud. A moi les visites de L.A., San Francisco et San Diego. A moi le shopping à Beverly Hills sur Rodeo Drive. A moi le farniente. A moi le rêve américain. A moi les soirées hollywoodiennes !

Je suis super excité. La pression du boulot et de Paris devenait insupportable. Paris est une ville fantastique mais parfois oppressante. Il me tarde de me retrouver au beau milieu du désert. Ne serait-ce que pour me souvenir de ce qu'est un champs de vision de plus de deux mètres ! Et puis je n'aurai plus à parler de boulot. Plus à me geler les couilles dans le froid. Plus à supporter la foule. Et ce, même si je sais bien qu'il "fait beau dans l'métro".

Ce sera aussi l'occasion de passer un peu plus de temps avec Penelope. Ca ne nous fera pas de mal. Je m'aperçois que plus le temps passe et plus j'attends ses appels. Non pas que je ne peux plus me passer d'elle. En fait, c'est tellement contraignant que je stresse à l'idée d'entendre la sonnerie de mon iPhone au beau milieu d'un repas entre amis. Devoir me planquer et mentir à mes potes et devoir organiser mon emploi du temps en fonction des heures où elle est susceptible de m'appeller devient de plus en plus dur à gérer. De plus en plus pesant.

Enfin ! Pendant ces quinze prochains jours, plus de téléphone. Plus de mensonges. Plus d'attente. On pourra enfin se parler de vive voix.
Enfin ! Fini le politiquement correct du boulot. Fini les sourires miéleux. Fini les coups de putes de Virginie. Fini les têtes de cons qui te bousculent dans le métro. Fini les casse-couilles qui t'insultent en voiture. Fini les connards qui ne tiennent pas l'alcool en soirée. JE-ME-CASSE !

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24 février 2007

Bientôt

Bientôt suivez les traces d'Huggo en Californie.
Bientôt suivez les rencontres improbables d'Huggo au cours de ce voyage.

Bientôt une newsletter plutôt insolite dans vos boites mails.

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28 février 2007

L'étudiante de l'aéroport.

Samedi. 12h10. Avant de sauter dans l'avion, j'envoie un SMS à ma mère pour lui annoncer que je pars en vacances. Au cas où. Un autre à Fabienne pour lui demander de passer arroser mes plantes (Merde ! C'est officiel, j'ai de plus en plus l'air d'un vieux con). Un dernier à Vince pour m'excuser. On avait prévu de partir skier ce week-end dans les Alpes. C'était avant que la proposition de Pen. Et entre la Californie chez une star hollywoodienne et les Alpes avec un pote, je n'ai pas mis énormément de temps pour me décider ! Pendant que Pen termine de passer un appel, je m'offre un dernier verre de whisky au bar du salon VIP de l'aéroport. L'espace privatif est sobre. Je m'attendais à voir un endroit plus cosy, d'un standing plus élevé. Cela ne semble pas gêner la trentaine de voyageurs qui y patientent.

- Vous m'offrez un verre ?
Elle ne doit pas avoir plus de 22, 23 ans. Pas spécialement belle. Pas spécialement moche. Je n'ai rien d'autre à faire. Je lui accorde cinq minutes d'attention.
- En quel honneur ?
- Aucun. Mais je sais être très reconnaissante, assure-t-elle avec un regard qui ne laisse aucune place au doute concernant ses intentions.
- Je peux me permettre de te demander ton âge ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ? dit-elle, en allumant une cigarette bien que cela soit interdit.
- Tu fais ça souvent ?
- Fais quoi ?
- Joue pas à ça avec moi.
- Non. Là j'attends mon frère qui bosse ici.
- J'aurai juré le contraire.
- A la place du verre, tu veux pas me payer un croque-monsieur ?
- Pourquoi je ferai ça ?
- En fait, si. Je fais ça souvent.
- Pourquoi ?
- Je te raconte si tu me paie mon croque.
Je fais signe au serveur qui prend aussitôt la commande. Remarquant la cigarette, il lui ordonne poliment de l'éteindre.
- Connard ! marmone-t-elle.
- Tu sais très bien que c'est interdit ici.
- M'en fous, j'ai pu tirer deux, trois lattes.
Elle se jette sur le croque-monsieur comme si elle n'avait pas manger depuis des semaines. Tout en continuant de me parler, elle ne lache pas l'assiette du regard.
- Alors. Pourquoi ?
- Je suis étudiante en fait. Mais mes parents sont morts dans un accident de voiture. Et comme j'ai un prêt étudiant à payer...
- Et ton frère ne peut pas t'aider ?
- Il trime toute la journée, et souvent la nuit aussi, sept jours sur sept pour le smic ! Comment veux-tu qu'il me paie mes études à 5.000 euros l'année ?

skijumpA cet instant, elle ne baisse pas les yeux et n'essaie pas de m'apitoyer. Confortablement assise sur le tabouret du comptoir, elle ne marque jamais une hésitation. Derrière son coup de fourchette, la fille est sûre et forte. Elle s'est enveloppée d'une carapace qui semble infranchissable.
- T'inquiète pas ! J'arrive à m'en sortir, me glisse-t-elle. Tu sais, c'est comme ces types qui font du saut à ski. Le plus dur, c'est de se lancer. Ensuite, on s'habitue.
- Qui sont tes clients ?
- Des types plein aux as comme toi. Des cadres croisés dans des hôtels. Des plus modestes qui font leurs courses au Super U. Des étudiants parfois. Mais uniquement quand je n'ai plus d'autres solutions. Pour manger. Ou pour payer le loyer.

Posté par HUGGO à 00:51 - - Saison 2 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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