03 mars 2007
Heureuse coincidence ou ... ?
Samedi. 12h35.
- Et tu leur prends combien ? je lui demande, par pur curiosité.
- On peut vous aider ? coupe l'étudiante, s'adressant à quelqu'un assis derrière moi.
- Excusez moi. Faites comme si je n'étais pas là !
Cette voix... Immédiatement, je me retourne et la reconnais aussitôt : Maeva.
- Tu viens souvent dans le coin chercher des putes ? reprend-elle discrètement.
- De quoi tu parles ?
- De ce que vous êtes en train de parler. J'ai surpris votre conversation. Désolé mademoiselle.
- Excuse moi, dis-je à l'étudiante. Une amie de longue date.
- Ce n'est pas ce que tu crois.
- Oh tu sais, il y a longtemps que je ne crois plus rien de toi Huggo !
- Que fais-tu ici ?
- Je viens voir une cliente.
J'en ai oublié Pen qui téléphone toujours au fond du salon !
- Ah ! Euh... Et sinon... Comment... Quoi de neuf ?
- Pas grand chose. Ça va.
Elle est tendue et terriblement mal à l'aise. Sûrement autant que moi d'ailleurs.
- Tu as cinq minutes ?
- Je ne sais pas. Je l'attends. Elle est au téléphone. Je me retourne vers l'étudiante, lui affirme être ravi d'avoir fait sa connaissance et m'excuse poliment de devoir la quitter, en me levant avec Maeva.
- Viens, lui dis-je en la guidant par le bras vers un canapé disposé dans un renfoncement du salon, à l'abri du champs de vision de Penelope. Prenons rapidement un verre.
- Alors, c'est tout ce que tu me racontes ?
- Oui... Ah ! Ma grand mère est gravement malade. Ça m'inquiète.
- Merde. Je suis désolé.
- De quoi ? Pour ma grand mère...
Elle me fixe avec un regard inquisiteur.
-... ou pour moi ?
- Je... Pffff. Écoute. Je... J'ai merdé. Je sais. Je regrette vraiment ce qu'il s'est passé. J'étais vexé. Déçu aussi par ton attitude.
- Ok, j'ai déconné ! Mais n'as-tu jamais déconné quand tu étais bourré ? Merde Huggo ! Depuis le temps qu'on se connaît ! Comment as-tu pu réagir comme ça pour des conneries ?
Un silence pesant apaise l'ambiance.
- Bref, oublions. Je n'ai pas envie de me prendre la tête aujourd'hui avec ça ! Comment tu vas toi ? Qu'est-ce que tu fais ici à part draguer des petites putes à peine majeure ?
- Elle est étudiante. Elle a dans les 22 ans ! je lui affirme avec la virulence d'un coupable. Je pars en vacances. Une quinzaine de jours.
- Sympa. J'ai entendu parlé de tes histoires de boulot. Que tu avais touché le jackpot.
- Oui. En effet.
- Tu dois être content !
- Des fois... honnêtement, je me le demande. Entre le prix que j'ai payé et les maigres fruits récoltés... cet argent ne m'a pas rendu plus heureux.
- L'herbe est toujours plus verte chez le voisin !
C'est la première fois que je vois son sourire depuis des mois.
- Oui ! Tu as raison. Mais que veux-tu. C'est comme ça.
Nous nous fixons du regard. Naturellement. Sans arrière pensée. Sans message à faire passer. Juste pour le plaisir. Le plaisir de se retrouver. Je le sens. Je rougis. Mon regard perdu dans le sien. Une courte minute de silence passe. Trop courte. Gênée, un timide sourire aux coins des lèvres, elle détourne le regard vers le bar.
- Je suis content de te revoir.
- Moi aussi Huggo. Ca me fait plaisir.
- Je pourrais te téléphoner ?
- Hum... Je le ferai, hésite-elle. Promis.
- Alors je t'emmène en vacances avec moi ! lui dis-je en sortant mon iPhone de ma veste.
- Hein ?
- Lève toi et souri !
Je la rapproche de moi par la taille puis tends le bras face à nous pour faire un autoportrait. Elle parait surprise. J'essaie de la détendre en lui chatouillant la taille. Elle explose de rire. Je saisie l'instant.
04 mars 2007
Bye Bye
Samedi. 12h41.
- J'ai été content de te voir Maeva.
- Hum...Oui. Je... Moi aussi. Moi aussi j'ai trouvé ça sympa.
"Sympa" ??? Comment ça "sympa" ? Merde. Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? Est-ce qu'elle se fout de moi ? Putain. "Sympa" ! Qu'est-ce que ça signifie "sympa" ? Je suis dégouté.
- A bientôt alors, finis-je par conclure me sentant trop con de lui demander une explication.
- Oui. Oui. C'est moi qui t'appelle hein ?!
Nos vacances.
Samedi. 16h, heure locale. Ces vacances devraient marquer un tournant dans notre relation. Pour la première fois, nous allons passer plus d'un week-end ensemble. Plus de deux nuits côte à côte. C'est un peu ridicule et "bateau" mais c'est un test. On va pouvoir passer plus de temps ensemble. Pouvoir se connaître un peu plus. Se créer une vraie relation de couple.
Merde. Je n'arrive pas à croire que je puisse me dire une chose pareille. Parfois, je me demande ce qu'on fout ensemble. Ce qu'elle me trouve ou pourquoi je ne profite pas de notre éloignement pour aller voir de temps en temps ailleurs si "l'herbe n'est pas plus verte". Quoi ? Nous ne sommes pas mariés non plus.
C'est une période à la fois excitante mais aussi parfois un peu chiante. Je vais devoir faire attention. Ne pas faire de gaffe : ne pas oublier de baisser la lunette des chiottes ni de rincer la baignoire, ne pas me masser les couilles en regardant la télé, ne pas jeter mes fringues par terre avant d'aller se coucher, ne pas lâcher un petit rot distingué après une gorgée de bière, ne pas faire de bruit en pissant ni d'odeur lors des "gros dossiers", etc. C'est d'autant plus vrai que nous n'avons pas tout à fait la même culture. Et qu'en plus, c'est une star internationale. Ce qui peut paraître normale pour moi, ne l'est pas forcément pour elle et inversement. Ici, il vaut mieux ne pas nettoyer son verre mais simplement le laisser sur la table, où l'une des gouvernantes viendra le prendre. C'est un coup à se faire fusiller du regard par Penelope et ses invités et passer pour un bouffon auprès des femmes de ménages !
Bref, nous allons enfin pouvoir prendre du temps pour nous. Ne rien faire d'autres que d'aller à la plage en tête à tête. Se promener. Se préparer des petits plats romantiques à déguster lovés au fond du canapé. Faire des grasses mat' interminables - ENFIN on va pouvoir se réveiller ensemble ; ENFIN prendre un petit déjeuner ensemble ! - sans contraintes d'horaires, de boulot, sans devoir se préoccuper des gens qui pourraient nous surprendre. Juste elle et moi pendant quinze jours. Juste prendre du temps pour nous.
Aterrissage forcé.
Samedi. 18h. A l'arrivée à la résidence - à partir d'une certaine taille, on ne peut plus parler d'une simple villa - un véritable troupeau de folles furieuses nous tombe dessus ! Des dizaines de filles délurées, plus excitées les unes que les autres semblent sortir de partout : des portes, du garage, des fenêtres et sûrement même de la cheminée. Je suis... Enfin, "Pé" - c'est par ce charmant et distingué diminutif qu'on l'appelle ici - est assaillie par la horde de chattes en chaleur ! Les questions fusent. Les sujets de conversation s'enchaînent plus vite que les coups de hanche d'un Rocco au sommet de son art, sans même prendre le temps d'en terminer un seul.
Dans ce bordel indescriptible, je suis incapable de comprendre la moindre conversation. J'ai la sensation de me faire attaquer par une tribu de zoulous au milieu d'une forêt tropicale. Mais... Mais qu'est-ce qu'elles foutent toutes ici ? Je pensais que nous devions être tous les deux ! Pas le temps de gamberger. L'une d'elle - tiens, j'ai reconnu sa soeur - me prend par le bras et me conduit à l'intérieur tandis que les autres attrapent nos bagages. Ah non. En fait, elles font signent aux sbires de s'en charger.
Pas le temps de visiter les lieux. Une gouvernante m'indique une chambre. Et dans un espagnol inaudible m'explique que je dois faire vite pour enfiler le costume qui y est suspendu. Visiblement, ce n'est pas la chambre de Pen. De toute évidence, ce n'est pas encore cette fois que nous allons pouvoir vivre notre relation en toute liberté. Suis-je encore l'impresario de Pen ? A moins que je sois son avocat cette fois ? Non, son jardinier plutôt ?
Le costume noir à fines rayures blanches est doublé de soie rouge vif. Une pure merveille. A ma grande surprise, il est parfaitement à ma taille. Au dixième de centimètre près. Du sur mesure, c'est certain ! Mais pourquoi ? Pour quelle occasion ? Un dîner en tête à tête dans un resto branché haut de gamme ?
- Nous sommes invités à une soirée de charité ce soir, m'annonce Pé.
- Pardon ? Mais... Mais je pensais que tu étais en vacances !
- Huggo. Tu sais bien que c'est une semaine surchargée pour moi. On en a parlé au téléphone le mois dernier !
- Hein ? Parler de quoi ?
- Tu vois ! Tu ne m'écoutes jamais quand je te parle ! C'est toujours pareil ! C'est pénible, tu n'imagines pas à quel point !
- Tu ne m'as jamais parlé de cette semaine ! Qu'est-ce qu'elle a de particulier cette semaine ?
- Mais tu vis sur quelle planète ? Si tu n'écoutes pas ce que je te dis, écoutes au moins les infos de temps en temps !
- Et j'y aurais appris quoi ?
- Les Oscars, ça te dis quelque chose ?
Oui alors évidemment, vu comme ça ! Je ne vis de toute évidence pas du tout sur la même planète ma chérie !
- Ne me dis pas que c'est cette semaine ?
- Mierda ! Escucha me por favor cuando te llamo !
Pas moins de six femmes nous écoutent et rougissent de colère à mesure que les nerfs de Penelope craquent. Je comprends qu'il me faut immédiatement calmer le jeu sous peine de reprendre le premier avion en direction de Paris.
- Ok, ok lo siento. Quand se déroule les Oscars déjà ?
- Proximo domingo, répond du tac au tac une brune apparemment espagnole sans que cela ne choque personne qu'une inconnue s'immisce dans notre conversation.
- Ok. Et quel est le programme de cette semaine ?
A ce moment, j'ai encore l'espoir de profiter de Pen. De pouvoir passer des journées entières collés l'un à l'autre. De ne pas se soucier des autres. De ne pas devoir se cacher. De ne pas avoir à penser à nos boulots respectifs. Ni aux gens, qui avec leur téléphone portable, pourraient nous envoyer directement en couverture d'un tabloïd quelques heures après nous avoir croisés.
05 mars 2007
Commentaires huggo.canalblog.com
Il semble qu'il y est un problème avec les commentaires. Plusieurs personnes m'ont envoyé un mail pour signaler qu'elles avaient déposé un commentaire sur le blog, mais qu'il ne s'affiche pas.
Pour que celui-ci apparaisse, vous devez indiquer une adresse email (valide ou bidon). Une fois envoyé, je reçois un mail pour me prévenir et me demander de le valider. Au mieux, ca me prend quelques minutes. Au pire quelques jours. Et seulement ensuite, il sera affiché sur le blog. Je valide en général tous les commentaires déposés qu'ils soient sympa ou non (sauf ceux à caractère haineux - mais pas encore reçu à ce jour - ou ceux qui pourraient faire une promo d'un site douteux - hackers, jeux payants, porno, etc...).
En espérant que cela marche à nouveau.
HUGGO
06 mars 2007
Journée sur la plage avec Pénélope.
Dimanche. 15h. La soirée d'hier s'est bien passée. Vite fait, bien fait, Pé et Monica ont fait acte de présence, ont posé pour les photographes, ont serré quelques mains puis ont quittés les lieux pour nous rejoindre au restaurant. Tout commence donc pourtant bien. Mais mon esprit reste focaliser sur le programme surchargé de la semaine.
J'ai senti Pé stressée toute la soirée. Et tendue toute la nuit. Vers 5h du matin, elle s'est levée pour, il me semble l'avoir entendu, aller pleurer dans la salle de bain. Notre engueulade l'a touchée. Je crois que cela lui a fait du mal. Surtout devant toutes filles - pour la plupart des membres de la famille. En me réveillant, je me suis senti mal à l'aise. Terriblement gêné. Elle également. Nous étions comme deux enfants culpabilisants d'avoir fait une connerie. Penelope m'a tiré du lit et m'a proposé d'aller nous promener sur la plage - au bout du jardin - pour parler à l'écart de la meute qui séjournent à la résidence. Nous nous sommes excusés avant de "faire la paix". Elle m'a dit qu'elle aurait du me prévenir à nouveau avant de partir et me donner les détails dans l'avion. Mais elle a eu peur que je réagisse mal et que je ne veuille plus venir. Elle a eu peur que je réagisse "comme tous [s]es ex" face à son statut de star et ses contraintes.
Pour oublier tout ça et préparer au mieux la dure semaine qui pointe le bout de son nez, nous avons donc décidé de partir tous les deux cette après midi se reposer sur une plage qu'elle adore.
Tous les deux plus la soeur, les cousines, les tantes, les amies, les domestiques ! Un vrai moment de pur romantisme ! Mais cet instant d'intimité ne dure pas longtemps. Peu après notre arrivée, le créateur John Galliano débarque sur la plage. Aucun hasard là dedans. Il vient rencontrer Penelope. J'imagine qu'il vient pour lui parler de la robe qu'il lui a faite pour les Oscars. Mais pas du tout. Je comprends que c'est un ami proche d'elle. Il parle de tout et de rien comme deux vieux potes qui viennent de se retrouver après plusieurs semaines de séparation. En les regardant discuter et rigoler ensemble, je me rends compte qu'elle ne m'a jamais parlé de lui, de leur amitié. Ni des autres filles qui se sont regroupées plus loin près de l'eau pour papoter "de trucs de filles". Finalement, je me rends compte que j'ignore encore tellement de choses d'elle.
16h. John a enfin décidé de nous foutre la paix. Mon accueil peu chaleureux et mon entrain modéré à répondre à ses questions l'ont probablement aidé à comprendre qu'il était temps pour lui d'aller voir ailleurs. Pen et moi avons alors pu parler ensemble du fait qu'on ne prenait pas suffisamment le temps de se connaître plus encore. Pendant dix minutes. Le temps que nous ont accordés les autres emmerdeuses venues la chercher pour partager leur réunion tupperware. Comment lui refuser ?
Elles ne l'ont pas vu depuis des mois. Et pour une espagnole, rien de plus sacré que la famille et les amies d'enfance ! En les regardant, je me perds dans mes pensées. Jusqu'à Maeva et notre rencontre à l'aéroport. Tous mes souvenirs se bousculent dans ma tête. Tous les bons moments passés ensemble. Tous nos instants heureux. Toute notre complicité. Toute l'émotion qu'elle me procurait. Tout l'amour que nous partagions. Tout. Tout ce qui faisait mon bonheur d'être près d'elle. De la voir. De l'entendre. De la sentir avec moi. De penser à elle. Sinclair. Qu'est-ce qu'on en fait ?
Inutile de repenser à tout ceci. C'est maintenant bien loin. Je suis bien avec Penelope. Il n'y a aucun regret à avoir. Et puis cette semaine, même si ce n'est pas tout à fait ce que j'avais en tête, je vais quand même côtoyer les plus grandes stars de la planète et les plus grandes soirées ! Soirées de charité pour Global Green USA. Pre-Oscar Party d'Antonio Banderas. Soirée privée organisée par Giorgio Armani. Les Oscars. Soirée post cérémonie. Soirée...
- Hey ! What's up man !
Antonio Banderas en personne. Il s'assit sur la serviette de plage de Pen et, sans me regarder me lance :
- Still chating all together ! These girls are a gang. Trust me Huggo. If you have to deal with one of them, you will also have to deal with the others !
Il tourne la tête vers moi. Derrière ses lunettes noires et sa cigarette, je sens qu'il m'évalue. Qu'il me juge. Il fixe à nouveau les filles au loin. Je suis encore surpris de me retrouver face à lui. Au point de me sentir ridicule, sans savoir quoi lui répondre.
- Hum... Yeah !
Pertinent. Simple. Direct... Désolant !
Il tourne aussitôt la tête vers moi, surpris. J'évite son regard et fixe l'océan.
- Well... Got to go. Please say hello to Pé and remind her we'll wait for you tomorrow night.
08 mars 2007
Diner chez Antonio Banderas et Melanie Griffith
Lundi. 21h. Au départ, nous ne devions avoir qu'un meeting cet après midi. A la Creative Artists Agency - qui gère ses intérêts et lui trouve ses films - à Beverly Hills. Mais c'est celui-ci qui a tout déclenché. "On" a donc enchainé les rendez vous. Nous avons fait une visite chez des sponsors dont L'Oreal. Puis une visite de courtoisie chez Ralph Lauren dont elle a été l'égérie pendant des années. Un autre détour pour voir Diddy. Un crochet dans les bureaux d'un grand studio de Hollywood. Un dernier chez un photographe "hyper renommé" pour lequel "toutes les stars rêvent de poser".
Vu comme ça, cela pourrait faire rêver. Hollywood, Beverly Hills, les studios de cinéma et de photos, Puff Daddy et Ralph Lauren, bref, les stars et les paillettes. Oui, c'est vrai que cela doit faire rêver. Sauf qu'une telle journée vécue du fond d'une banquette arrière d'une bagnole noire aux vitres tintées, transformée en fournaise sous une chaleur de plomb, ça n'a rien de glamour et ça ne me fait PAS DU TOUT REVER ! D'autant qu'entre chaque rendez-vous, elle a lu en diagonal les scénarios que ses agents lui ont soumis ! Super ! Cette journée est carrément GE-NIALE ! Quoi de plus merveilleux que de passer une journée de vacances enfermé dans une voiture en plein cagnard ?
En débarquant chez Antonio et sa femme Melanie Griffith, je ne suis pas d'humeur à faire la fête. Heureusement, la soirée s'avère être intimiste. Nous ne sommes qu'une demi-douzaine : les hôtes, un ami mexicain d'Antonio, un scénariste-producteur-réalisateur américain et nous deux.
L'apéro autour de la piscine est très agréable. Il fait encore chaud. Le ciel noir est très étoilé au dessus du jardin parsemé de palmiers et de diverses variétés d'arbres tropicales et fruitiés. Des enceintes BOSE discrètement éparpillées dans toute la propriété, à l'intérieur comme l'extérieur, diffusent une musique calme et raffinée. C'est apaisant. Les invités sont très sympathiques et le couple d'acteurs chaleureux. Tout le monde était au courant de notre relation. Antonio, ami intime de Penelope, a du les prévenir avant notre arrivée. Je décompresse totalement. C'est la première fois que Pen et moi vivons notre relation publiquement.
Après que leurs enfants soient aller se coucher, nous passons dans la salle à manger et nous asseyons autour d'une paëlla géante - "la meilleure des Etats-Unis" selon Pen - préparée par le propriétaire de cette véritable hacienda. Ici, pas de cuisinier, pas de majordome. Les Banderas sont des gens très simples, qui n'ont pas perdus leurs valeurs au milieu des dollars hollywoodiens.
A les voir, on imagine mal que ce soit des stars de cinéma. Je les imaginais plutôt has-been, sniffeurs de coke. Mais j'ai devant moi des parents charmants et très drôles (et dont le réseau est "très puissants et très respectés dans le business" m'a prévenu Penelope). Simple, discret, inluent et efficace. Antonio, sous son aparat de cuisto du dimanche, est en fait un parrain du milieu.
A aucun moment, je ne me sens largué dans la conversation. Jamais on ne me prend de haut. Jamais on ne me laisse perdu dans leur anglais ou leur espagnol. On échange sur tout et rien. Ils me posent beaucoup de questions sur la France. Sur Paris. Sur mon job. Sur notre rencontre avec Pé. Ils m'expliquent chacun leurs parcours jusqu'à Hollywood - "Personne n'est d'ici mais on né ici" . Leurs carrières. La vie en Californie. Leurs opinions sur G. W. Bush. Leurs voyages et les destinations préférés. Leurs favoris pour les Oscars.
0h35. Alors que nous buvons maintenant un digestif dans l'un des salons, une actrice, une journaliste (amie du scénariste Jeffrey) et un avocat débarquent à l'improviste. Avec le sourire, Melanie leur offre un verre. La jeune actrice, elle, a l'air d'être déjà bien défoncée. Quant aux deux autres, cela ne doit surement pas être leur premier verre. Mais ils tiennent encore très bien la route. Antonio, assis à ma droite, se penche vers moi et me dit en fixant la jeune actrice du regard:
- Regarde cette petite merdeuse. Elle a du jouer dans un, voir deux films et elle se prend déjà pour une méga star. Regarde comme elle pête plus haut que son cul ! Attention : elle est adorable ; je ne dis pas le contraire. Mais ces jeunes acteurs... Comment te dire. C'est des stars du show biz avant d'être de vrais acteurs ! Ca me démonte ça, Huggo.
- Je vois ce que tu veux dire.
- Et je te parie que d'ici une heure elle va aller vomir dans les chiottes.
- T'exagères. Elle a l'air de tenir encore un peu debout.
- Fait moi confiance. Elle me l'a déjà fait cette garce. Bref. Et toi alors ? Tu rêves aussi de devenir une star ?
- Hein ? Ah non, non ! Surement pas, je réponds hilare.
- Tout le monde au fond de lui rêve de devenir une star ! Tous les psys le disent ! C'et un fait. C'est avéré. C'est scientifique. On veut tous notre "quart d'heure de gloire".
- Non, non. Je t'assure. Warhol a vécu pour la célébrité. Moi pas. Cela ne m'attire pas du tout. Par contre, beaucoup de choses médiatiques m'attirent. C'est le problème.
- Toi, t'es du genre à vouloir le pain, l'argent du pain et les miches de la crémière. Et quelles genres de choses t'attirent.
- J'écris.
- Un roman ?
- Un blog-roman-scénario. J'en sais trop rien.
- T'entends ça JJ (surnom du scénariste qui s'appelle en réalité Jeffrey-Jacob). C'est quoi le sujet, me demande-t-il ?
Comment puis-je lui expliquer ce que j'écris. Ce n'est pas à un scénariste - sois disant méga connu - que je vais raconter mes histoires sans intérêts ! Je me sens subitement un peu con.
- Oh rien de génial.
- Allez, raconte, insiste Jeffrey.
- C'est vraiment pas terrible tu sais. En fait, c'est surtout pour m'amuser. J'écris en "live". Je ne publie sur le blog que du texte non structuré, non plannifié. Je tape sur le clavier et ça sort tout seul. J'essaie juste de garder une ligne directrice. Une histoire qui a du sens. Mais je ne sais pas quelles bouts d'histoire je vais raconter avant d'écrire.
- Cool ! Et tu racontes quoi ?
- Des trucs vécus. Des expériences. Mais la sélection se fait en tapant.
- Intéressant ça. Si je pouvais faire ça, je serais le mec le plus riche d'Hollywood mec ! Tu pourrais nous montrer ça ?
- Je sais pas. Pas là, si ?
Antonio me remplie à nouveau mon verre de cognac.
- Tu pourrais nous écrire la soirée, là ? insiste Jeffrey.
Jeffrey et moi nous enfermons dans le bureau d'Antonio, qui me lache un clin d'oeil complice et protecteur avant de nous laisser. Quarante minutes plus tard, je lui ponds une histoire décalée de notre fin de soirée vu par l'oeil ébréché d'une jeune actrice ivre morte se croyant arrivée sur le sommet de la gloire. Jeffrey prend les deux feuilles imprimées, lit les premiers paragraphes et me demande de les conserver pour les relire au calme chez lui.
09 mars 2007
Un coup de vieux ou un bon vieux coup ?
Nuit de lundi à mardi. 1h50. Pé me fait un léger signe de la tête : elle veut rentrer. Je suis claqué et j'attendais ce signe depuis un bon moment maintenant. Avant de partir, je vais pisser. Melanie m'indique le chemin. Après avoir parcouru le deuxième couloir dont elle m'a parlé, j'oublie totalement le reste du chemin jusqu'aux chiottes. Cette maison est énorme ! Tant pis pour les toilettes, je ne peux plus me retenir. Dans l'espoir de tomber sur une chambre avec salle de bain, j'ouvre une première porte. C'est un placard - qui fait tout de même la taille de mon ancien appartement. 30 mètres plus loin, il y a une autre porte. La pièce est sombre. Je tâte le mur jusqu'à l'interrupteur. J'allume : c'est la chambre de leur fille ainée ! Merde. Je déguerpis aussi vite que possible. J'espère ne pas l'avoir réveillée. Une troisième porte. J'entre doucement sans faire de bruit. Impossible de savoir. Je sors mon iPhone pour éclairer la pièce à l'aide de la lumière de l'écran. Cette fois, c'est la bonne. La chambre est inoccupée. On dirait une chambre d'amis.
En sortant de la salle de bain, je tombe nez à nez avec l'actrice. En sous vêtements ! Appuyée contre la porte comme pour m'empecher de sortir.
- Voulez vous coucher avec moi ? me lance-t-elle en français, sans attendre une quelconque réponse de ma part.
Bordel de merde. Elle s'approche vers moi. Si jamais Pé ou Antonio me tombe dessus, je suis foutu ! La panique s'installe plus vite que les frissons en plein courant d'air. Comment sortir ? Je me retourne pour chercher une autre issue.
- Hey ! What the ffucht...
Elle est totalement défoncée. Impossible de comprendre le moindre mot qu'elle mâche les uns après les autres.
Les volets de la fenêtre sont fermés. Si j'essaie de les ouvrir, le bruit pourrait attirer l'attention. Pas le choix. Je dois passer par la porte. Je m'approche et pose mes mains sur ses épaules afin de capter son regard - totalement perdu dans le vide - et de la raisonner. A peine mes doigts l'ont-ils effleurée qu'elle tombe brutalement par terre. Je reste bouche bé, immobile. Je m'agenouille et vérifie si la jeune starlette va bien : elle dort ! Je profite de l'occasion pour me tirer illico presto avant de me faire choper.
La main sur la porte de la chambre, je m'arrête. Jette un dernier coup d'oeil sur l'actrice allongée par terre à moitié nue. Hésite quelques secondes. Mais la raison m'emporte au loin.
12 mars 2007
Pub
19 mars 2007
Bientôt
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