Sexe, Picole et Rock 'N Roll : Chroniques d'un cadre.

- SAISON 2 - * Inspirées de faits réels

07 juin 2007

J.J. le sauveur.

Samedi. 23h. Coup de bol. Mon nouvel ami de toujours J.J. (rencontré chez Antonio et Mélanie) arrive tout juste à la soirée et m'invite aussitôt à l'accompagner au bar.
- A Coke Zero please ! ordonne-t-il au serveur.
Une large sourire traverse son visage. Sa présence me rassure. Enfin un type qui m'adresse la parole ! Enfin quelqu'un avec qui parler !
- I've read your text, man. Great job ! Really. I'm very impressed.
- Thank you.
- Would you mind to send me what you've had already written ?
- No problem, I'll send you my story. But I have to translate it before. Except if you understand the French !
- Ah ah ah ! No ! No ! Unfortunately not. I'm only speaking the "French Kiss" !
Un éclat de rire vient se surposer sur le claquement de nos deux verres qui trinquent.
- You know what ? I need whisky ! Let's go and seek for real drinks ! me propose J.J. en me guidant à travers la foule de VIP.

A mesure que nous avançons, les gens se retournent sur son passage. Poignés de mains. Sourires. Félicitations. Et une tonne de questions. Tous sont curieux de connaître la suite de l'une des séries à succès écrites par J.J. A chaque rencontre, il prend le temps de me présenter à ses interlocuteurs. "A French talent" annonce-t-il aux uns et aux autres, de Tom Cruise à Meryl Streep. Bluffant. Génant.

Le temps passe. On discute. On se marre. On se tape des fous rires tous les deux, puis avec nos différents interlocuteurs. On se fout de la gueule des videurs. On vole une bouteille dénichée en coulisses. On danse avec les serveuses. On invite les autres superstars sur la piste. On chante. On improvise des chorégraphies ridicules mais hilarantes. On met l'ambiance dans toute la soirée. Les gens interrompent leurs discussions perturbées par le bruit. Ils s'approchent. Ils nous observent. Ils nous applaudissent et hurlent de rire.

Les gens nous regardent, le visage illuminé. Je ne peux pas m'empêcher de ressentir un sentiment de fierté. Je suis au centre de leur attention. Je les faire rire. Certes, je me suis ridiculisé mais cela en valait la peine. Maintenant, ils ne m'évitent plus. Ils ne me zappent pas vite fait bien fait comme tout à l'heure, lorsque je leur serrais la main. Même J.J. est en admiration, derrière moi les larmes aux yeux, applaudissant chacune de mes conneries. C'est aussi gênant que gratifiant. Entre mal être et bonheur. Je ressens certainement ce que doivent vivre les humoristes sur scènes. On se prend un instant pour le roi du monde. Impossible de ne pas palper ce sentiment de puissance éphémère. C'est si jouissif. Si extasiant. Mais terriblement destabilisant quand, comme moi, on n'a pas l'habitude à tant d'honneurs de la part de ce public si particulier.

Nuit de Samedi à Dimanche. 2h du matin. Pen débarque subitement dans la cuisine de la salle, où J.J. et moi buvons tranquillement un verre de vodka-Red Bull avec les cuistos. La porte claque et fait tomber un plat qui se fracasse en plusieurs morceaux sur le sol. Pen me lance un regard agressif. Je sens très clairement qu'il lui faut toute la force de monde pour retenir sa colère. Elle fusille du regard J.J. à présent en lui annonçant d'une voix faussement posée qu'il est attendue avec impatience par quelqu'un à l'extérieur.
J.J. stupéfait ne réagit pas. (Il lui faut quelques secondes pour percuter qu'elle ne peut s'adresser directement à moi en public). Il se tourne et me lance un regard. Deux secondes s'écoulent. Le temps pendant lequel nous avons lutté pour étouffer notre fou rire. Finalement, en vain. Passablement excédée, Pen quitte immédiatement la pièce avant de revenir sur ses pas et de lui lancer, d'un doigt menaçant pointé dans sa direction - tout en me fixant du regard - "You should better come. NOW !" Il ne m'a pas fallu longtemps pour capter le message. Et les reproches qui m'attendent dans la voiture.

"Bravo pour ta discrétion", "Tu te crois dans tes petites soirées de commerciaux parisiens", "Tout le monde ne va parler que de ça demain!", "Je suis grillée!", "Pour quoi je vais passer, moi ?".

A cet instant, je sens une profonde fatigue m'envahir. Pas le courage de répondre. Il est vraiment temps d'aller se coucher.

Posté par HUGGO à 20:56 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2007

Test couleurs de polices

J'ai reçu des mails concernant la couleur de police des Chroniques. Alors je vous propose les choix suivants et vous demande votre préférence :

- couleur 1 : gris foncé

- couleur 2 : gris clair

- couleur 3 : blanc

Laquelle est la moins agressive, la plus lisible, bref la mieux ?

Posté par HUGGO à 23:20 - - Off - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2007

Irrésistible et touchante Penelope.

Nuit de Samedi à Dimanche. 2h24. Pen n'a pas prononcé un mot depuis notre départ de la soirée. Impassible, elle demande au chauffeur d'accélérer. La tension est palpable. Mes mains sont moites. La fatigue et la chaleur sans doute. L'alcool et mes efforts sur la piste de danse certainement. Mon malaise vis à vis de Penelope évidemment. J'ai beau les frotter sur mon pantalon de smoking Armani, rien n'y change. Du coin de l'oeil, elle observe mon manège.

Je regrette de lui avoir fait ce coup là. Je n'ignore pas les rumeurs qui courent sur le web à notre sujet. Ni les conséquences pour elle. Si ce n'est pas un drame non plus, le coup peut être ravageur pour un acteur. Aussi incroyable que cela puisse paraître. C'est ainsi. La presse people fait et défait les carrières des stars. Même si au fond de moi, je suis très content de la soirée passée. Même si j'ai vécu un pur instant de bonheur. Comme dans un rêve. Provoquer un fou-rire à Leonardo Di Caprio, Gwyneth Paltrow, Tom Cruise ou Katie Holmes est à la fois inconcevable et tellement jouissif ! Pourtant, il m'est impossible de ne pas regretter. Je dois crever l'abcès.
- Pen, je...
- Lo siento Huggo ! Je... C'est ma faute. Je suis désolé. Vraiment.
Elle est essoufflée. Comme si elle avait vomi ces mots qu'elle retenait depuis trop longtemps. Ses doigts glissent nerveusement les uns contre les autres, comme si elle venait d'attraper des orties à plein main.
- Soy stupido, reprend-elle. J'ai... Tu sais... Au fond de moi, j'étais vraiment heureuse de te voir comme ça. J'étais en admiration.
Ses yeux sont emplis d'émotion. Comme si elle se retenait de fondre en larmes. Des larmes de bonheur mélangées à des larmes de regret.
- J'ai réagi comme une gamine. J'ai été ridicule. Je m'excuse de t'avoir parler comme ça. Tu semblais tellement heureux. Les gens te regardaient tous. Tout le monde t'admirait. Tu les faisait rire. Moi la première. J'étais si fière de toi ! Tu n'imagines pas à quel point. Oui, j'étais fière ! Fière que tu sois mon homme ! Mais... Mais je ne pouvais pas en profiter. J'étais comme prisonnière. Il m'était impossible de te rejoindre. De te prendre dans mes bras. De t'embrasser. Ou même juste être près de toi. En fait, je crois que je t'envie tout simplement ! C'est peut être une forme de jalousie stupide. Tu sais, jamais nous ne pouvons nous lâcher comme ça en public ! Tous nos faits et gestes sont épiés, traqués par les photographes. Un écart de conduite et on fait la une de la presse à scandale. Cette frustration m'a mise hors de moi. Je pense que c'est pour ça que je me suis énervée. Je suis si désolée !
- Je comprends. C'est passé. N'en parlons plus.
- Tu es sûr ? Tu ne m'en veux pas ? 
Je sens qu'elle culpabilise réellement. Qu'elle souffre. Qu'elle regrette vraiment son attitude et plus encore notre secret de infiniment pesant. Son désespoir la rend si touchante. Ses yeux tristes et pleins de remords sont irrésistibles. Elle semble soudainement plus fragile qu'elle ne l'avait laissé paraître jusqu'ici. Soudain, une larme arrive à s'échapper pour mourir sur sa joue. 
- Non, bien sur, dis-je en lui tendant un Kleenex trouvé dans l'un des vide-poches de la limousine. Je suis aussi désolé. Je n'ai pas réalisé ce que cela représentait pour toi. Ni l'effet sur toi, ni les conséquences vis à vis de ton boulot. Je comprends la réaction que tu as eu. C'est humain. J'aurai probablement réagi comme toi. Je ne t'en veux pas du tout.
Elle se penche vers moi et tombe dans mes bras. Sa tête appuyée sur ma poitrine, elle sert fort mon corps entre ses bras. Son visage glisse maintenant vers mes cuisses. Je plonge ma main dans ses cheveux et lui masse lentement la tête tandis qu'elle encercle mes cuisses de ses bras.
- Gracias ! Muchas Gracias Huggo ! Sabes... Tout à l'heure, j'étais en admiration devant toi... J'étais... si fière de toi. Si fière d'être amoureuse de toi...

Posté par HUGGO à 19:35 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juin 2007

Preview

Posté par HUGGO à 20:32 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2007

Insomnie

Dimanche. 10h. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. J'ai transpiré et me suis vidé de litres de sueurs. Plus que de la sueur, je transpire mon stress, mon inquiétude, mon angoisse, mes interrogations, mes regrets, mes souvenirs, un mélange de tout ça, et plus encore. Je me suis retourné dans tous les sens dans le lit. Des flashes se bousculaient sans cesse dans ma tête à une vitesse fulgurante. J'ai tenté par tous les moyens de ne plus y penser. De me concentrer pour trouver le sommeil. J'ai bu une gorgée d'eau. J'ai été aux toilettes. Je suis descendu fumer une clope. J'ai sifflé trois verres de whisky. J'ai cherché ma petite boite pour m'enfiler une ligne (bien que je savais pertinemment qu'elle était vide depuis plusieurs semaines). J'ai pris une douche. Je me suis recouché. J'ai pris Pé dans mes bras. Je me suis enfouie la tête sous l'oreiller. J'ai fait quelques pompes. Mais non. Rien à faire. Je ne peux m'empêcher de penser à elle. Maeva hante totalement mon esprit.

Posté par HUGGO à 18:06 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pause détente à la plage.

Dimanche. 10h43. La journée est réglée à la seconde près. Nous avons précisément dix huit minutes pour piquer une tête rapide dans le Pacifique, nous sécher et nous préparer pour aller encore je ne sais où, avec je ne sais qui, faire je ne sais quoi.

La plage, lieu de détente par excellence. Enfin en principe. Parce que ces dix huit minutes gracieusement offertes par son agent, c'est un peu court pour se détendre. Rien que de penser à ce délai, ça me stresse totalement. Ces dix huit minutes m'énervent à un point tel que l'envie de flinguer son impresario m'envahit ! Bien qu'encore épuisé par cette semaine marathon, je n'arrive pas à profiter de cette permission. De cette "récréation" qu'un instit' aurait gentiment offerte à ses écoliers. C'est finalement le cul sur la serviette, dans les starting blocks, prêt au départ, que j'accompagne Pénélope du regard dans sa baignade éclaire.

DC0018 DC0026

Il n'y a que très peu de plagistes aujourd'hui. Une douzaine tout au plus. Une famille, deux couples, deux ados copines, deux femmes et un hommes venus seuls. Derrière mes lunettes noires, je m'occupe par l'une de mes activités préférées sur une plage : mater vulgairement mes voisins et les critiquer. "Famille de beauf" ; "Sales gosses" ; "L'abruti bodybuildé" ; "Mignonne" ; "Gros cul" ; "Maillot de bain ridicule" ; "Sexy" ; "Vulgaire" ; "Nase ce bouquin"... L'une des femmes venue bronzer en solo prend un verre au bar de la plage à quelques mètres de moi. En topless malgré que cela soit interdit ici, elle est terriblement séduisante. Petite poitrine, peau satiné, fessier remarquable, chevelure blonde parfaitement négligée, ventre plat. A croquer. Toute mon attention est totalement captivée par cette charmante jeune femme. Je me demande encore comment je peux être séduit par une autre alors que j'ai la chance de sortir avec l'une des plus belles femmes du monde. Pourquoi faut-il que je sois éternellement attiré ailleurs ? Pourquoi mes yeux ne peuvent ignorer ces créatures malgré la vision splendide qu'ils ont quotidiennement ? Mouais... D'un autre côté, ce n'est pas parce qu'on est au régime que l'on n'a pas le droit de regarder l'assiette du voisin !

kateplage

Posté par HUGGO à 18:17 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Let the show begin !

Dimanche. 19h.

Ça y est. Nous y sommes. Le grand jour est arrivé. L'évènement le plus attendu de la planète est prêt. Les caméras du monde entier sont braqués dessus. Les téléspectateurs des quatre coins de la Terre piaffent d'impatience devant leur écran de télévision. Les flashes des photographes internationaux crépitent de toute part. Les journalistes procèdent aux derniers réglages de micro et de coiffure avant le début des festivités. Les fans qui crient de joie, s'agglutinent contre les rampes de sécurité. Les bodyguards du globe sont tous ici, sur le qui-vive, prêts à dégainer. Les fédéraux fouillent tous les recoins à l'aide de leurs chiens. Les hélicos filment et surveillent la foule en délire. Hollywood Boulevard est bloquée à la circulation. Le rouge et l'or du décor brillent de mille feux. Le tapis flambant neuf s'apprête à accueillir le symbole des strass, des paillettes, du glamour, du charme, de l'élégance, du star system, bref de Hollywood. La crème des producteurs, des réalisateurs, des scénaristes, des acteurs, des couturiers, des joailliers, des chanteurs, des écrivains, les plus grands de chacune des professions artistiques sont là. Prêt à s'inspirer pour créer le film, la mode, la chanson, le livre de demain. Le public, sur place ou devant son écran, est attentif aux moindres détails, à la recherche des futurs "must-have" du style vestimentaire. Les paparazzi, postés tels des snipers, guettent la photo choc qui changera leur vie. Le scoop qui leur rapportera la consécration et la reconnaissance de leur profession. L'arrivée des méga stars du cinéma est imminente. L'effervescence est à son apogée. La musique démarre. Les caméras enregistrent. Les micros sont allumés. Les appareils photos sont pointés vers les premiers centimètres du tapis. La soixante dix neuvième cérémonie des Oscars peut commencer !

carpet_030606_460x262

Posté par HUGGO à 18:32 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2007

The Oscars - 79th Annual Academy Awards

red_carpetDimanche. 19h15. Les acteurs et actrices se succèdent sur le tapis rouge. Au rythme des acclamations des fans en transe et des flashes de photographes luttant férocement les uns contre les autres pour être au plus proche de leurs sujets. L'instant semble aussi magique qu'irréel. Ce monde, cette agitation, ce décor, ces stars, ces robes, ces costumes, ces bijoux, ces limousines, ces caméras, ce lieu, cette chaleur, ce ciel d'un bleu pur, toute cette folie semble minutieusement orchestrée. Mon esprit est déconnecté de la réalité, une partie présente, une autre totalement absente, comme enfermé dans une bulle flottant au dessus du spectacle. Une partie de moi est ici, au milieu de ce grand barnum. Une autre est devant devant sa télé ou devant un magazine ciné. Les journalistes essaient tant bien que mal d'intercepter les vedettes du jour pour les interviewer en direct. A ma grande surprise, les stars se prêtent volontiers au jeu, prenant de longues minutes pour répondre à chacun. Caméra après caméra, elles voyagent sans s'en rendre compte d'un pays à un autre. De Tokyo à Moscow, de Londres à Sidney, de Buenos Aires à Dakar, leurs images défilent en langue locale sur les téléviseurs du monde entier.

DCO0163

L'entrée dans le Kodak Theatre prend du temps. Après le passage devant les photographes, puis celui face aux journalistes, les comédiens doivent patienter devant la porte ! J.J. m'a donné un pass "VIP Guest" me conférant quelques privilèges dont celui de pouvoir me balader dans une zone moins restreinte que d'autres ou de pouvoir boire un verre dans la salle réservée aux invités officiels (les acteurs). Placé derrière un cordon délimitation de zones, je suis aux premières loges pour observer l'arrivée sur le tapis rouge et l'attente devant l'entrée. J'aperçois l'intérieur du Kodak Theatre. Le lieu est majestueux. De l'or à profusion. Avec ses balconnets latéraux, ses fauteuils en velours bordeaux, sa scène arrondie et son rideau drapé, il a la curieuse particularité de ressembler à l'un des vieux théâtres parisiens. Mais dans celui-ci, on sent une incroyable grandeur typique des bâtiments américains. Le plafond est en effet incroyablement haut. On doit s'y sentir minuscule. Le magnifique écrin des Oscars ne laissait rien présager de tel tellement sa façade, tout en angles droits, est tristement austère.

salleKODAKtheatre stageKODAKtheatre

A quelques mètres de moi, Penelope et ses collègues attendent les instructions d'un type en smoking, casque d'opérateur télémarketing vissé sur la tête. Elle est tout simplement merveilleuse ! Je suis content de la voir si belle. Elle a fait le bon choix : sa robe Versace en tulle et organza rose champagne est splendide. Les bijoux prêtés par Chopard mettent en valeur son magnifique visage, (même si personnellement j'aurai ajouté un collier). Ce soir, la DreamGirl, c'est elle! Elle n'a rien à envier aux autres. Bien au contraire. J'imagine que cela doit la soulager. Plus je la regarde et plus je suis fière, plus j'ai envie de la prendre dans mes bras, plus je veux l'embrasser.

DC00426 DC00503 DC00422

DC00397 DC00420 

Mais il y a ce foutu cordon en velours bordeaux qui frotte contre mon jambe. Cette ligne de séparation entre son monde et le mien. Entre le rêve et la réalité. Entre la popularité et la discrétion. Entre le désir et la frustration. Entre ce que nous n'aurons jamais ensemble et la seule chose que nous pouvons être. Des anonymes. Cachés. Reclus pour vivre un amour improbable entre deux avions. Combien de temps aurons nous la force de poursuivre notre relation ainsi ? Où cela nous mène-t-il ? A quoi sert notre relation si c'est pour vivre sans la vivre ? A quoi bon être ici si nous ne pouvons pas partager cet instant ensemble. Je sais qu'elle aimerai que je sois là pour la soutenir. Et j'aimerai tellement être prêt d'elle pour que l'on vive ces émotions tous les deux. Mais non. Ce n'est pas possible. Ça ne le sera certainement jamais.
En observant cette semaine sa vie et aujourd'hui cette folie, je sais que je ne serai jamais prêt à affronter toute cette pression quotidiennement. Je sais que je ne pourrais jamais supporter de vivre caché. Je sais maintenant que je ne voudrais jamais dévoiler notre relation. Nous serons donc obligé de nous voir comme ces derniers mois. De temps en temps. Ensemble, mais jamais tous les deux au même moment au même endroit. A quoi bon poursuivre cette relation ? Quelles sont nos chances de briser un jour ce cordon qui nous sépare ? Et lorsque ce jour viendra, serons nous heureux ? Ne le regretterons nous pas ?

Perdu dans mes pensées, c'est sans m'en rendre compte que je sors de ma poche mon iPhone qui est en train de vibrer. Deux longues vibrations me sont nécessaire pour prendre conscience que mon téléphone est dans ma main. "Fabienne". Instinctivement, mon cerveau fait le lien. Maeva. Je suis ici. Au milieu d'une foule en délire et d'acteurs prestigieux. A une cérémonie de rêve. Mais justement, ceci ressemble bien trop à un rêve. Trop lourd à porter au quotidien. Trop difficile à assumer. Alors que dans ma réalité, l'une des seules femmes au monde qui compte pour moi me pleure. Qu'est-ce que je fous ici ? Pourquoi l'ais-je laissée seule dans cet état ?

Soudain, le nuage qui envahissait ma vision du spectacle depuis le début s'estompe peu à peu. Comme si mes pieds touchent à nouveau terre. Comme une évidence, j'adresse un dernier sourire à Penelope avant de lui envoyer un baiser imaginaire. "Muchas Gracias" je lui mime du bout des lèvres. Son visage change d'expression. Comme si elle venait de comprendre l'évidence. "Te quiero" lui dis-je silencieusement.

DC00421

Je me retourne et m'éloigne du cordon. Je tente de me frayer un chemin à travers les gens qui se poussent vers l'entrée du théâtre. Je ne peux plus les supporter. Tous ces profiteurs, tous ces fans. Je veux m'extirper à tout prix de cette file d'attente. Je déboule enfin sur la rue. Je cours vers les barrières de sécurité. J'esquive un, puis deux et trois agents. Une hôtesse manque de me heurter. Les gardes me regardent avec insistance. Je fonce vers eux. Je sors mon passeport et mon invitation VIP Guest. Je stoppe tout net mon élan et leur présente ces documents. Coup de bol. Ils n'insistent pas. Je reprends ma course. Je cours aussi vite que je peux entre les badauds. J'essaie d'atteindre une rue adjacente. Je pique à droite. J'accélère. Enfin : un taxi ! Une femme obèse ouvre la portière arrière. Je contourne la voiture et plonge à l'intérieur par l'autre porte.
- Sorry, I'm already in, Miss !
Sans attendre sa réponse, je m'adresse au chauffeur :
- I wanna go to the international airport sir !

Posté par HUGGO à 12:47 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2007

Retour en France.

free music

AirFrance_F_GITE_CRW_9283Lundi. 20h. Enfin arrivé à Paris ! J'ai bien cru ne jamais pouvoir y arriver. En sortant du taxi à l'aéroport de Los Angeles, j'ai couru aussi vite que possible jusqu'au comptoir d'Air France. J'ai été bien inspiré : il ne restait plus qu'un vol pour Paris aujourd'hui et il décollait moins de deux heures après mon arrivée à l'aéroport ! Dans ces cas là, on aimerait sauter directement dans l'avion et atterrir aussitôt à destination. Comme dans les films quoi. Sauf que je ne suis pas dans un film (ou plutôt, depuis que je suis parti prématurément des Oscars, j'ai quitté le soap opéra dans lequel je vivais depuis plusieurs mois). J'ai donc du batailler pour me frayer un chemin dans la file d'attente du comptoir ; lutter pour qu'on me vende un billet alors que l'heure limite d'enregistrement venait juste de passer ; supplier ma fouille à la douane dont les agents ne comprenaient pas comment on ait pu me vendre ce billet ; patienter d'interminables minutes dans l'attente des divers contrôles de mon identité avant d'enfin monter dans l'avion qui a pris du retard à cause de moi !
Il faut dire que les douaniers, suspicieux, n'ont rien arrangé : ils ont saisi mon iPhone et mes clefs dont le porte clef est un petit tube pointu en argent griffé Hermès. Selon eux, celui-ci représentait "un danger pouvant être utilisé comme une arme blanche" ! Non mais franchement, qu'est-ce que l'on peut faire de dangereux avec un porte clé ? Égorger un sandwich au mieux !

Posté par HUGGO à 20:25 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Retour à Paris.

free music

Lundi. 20h01. A mon arrivée en France, la chance est toujours avec moi : le sachet plastique contenant mes clés et mon téléphone - et qui a été placé dans la soute - est arrivé en dernier sur le tapis roulant dédié aux bagages. Résultat, j'ai patienté des heures dans la file d'attente du taxi, longue d'au moins deux kilomètres. Après le soleil de Californie, c'est la pluie parisienne qui m'a accueilli. Mais curieusement, c'était une pluie chaude. Une pluie d'été au coeur de l'hiver. Paradoxale mais finalement pas si étonnant compte tenu du dérèglement climatique et de sa dégradation (Pas étonnant non plus compte tenu de la non considération du problème par les pouvoirs publics internationaux depuis des décennies). Un vent lourd atténuait la faible température.
by_RainXXXXPendant le trajet, au milieu des bouchons du périphérique, j'ai envisagé tous les scénarios pour engager la conversation avec Maeva. La tête appuyée sur la vitre arrière, mon regard est fixé sur les gouttes qui giflent le verre. En dépit de cette atmosphère grise, un peu lugubre, je suis confiant et ne regrette pas un instant ma décision. Je suis même impatient. Je crois même n'avoir jamais été aussi sûr de ce que je faisais. Comme si c'était une évidence. Enfin, je sais ce que je veux. Je sais que je ne peux plus être sans elle à mes côtés. Je sais tout ce qu'elle représente pour moi.

J'arrive chez la grand mère de Maeva. Comme je l'imaginais, personne ne vient m'ouvrir. Je sonne à nouveau à la porte. Toujours pas de réponse. Je frappe plusieurs fois, de plus en plus fort. Je croise un voisin sur le palier. "Bon courage" me fait-il d'un air résigné. Puis soudain la porte s'ouvre.
Fabienne !
- Putain, qu'est-ce que tu fous là Huggo ?
- Mais, toi, qu'est-ce que tu fous ici ?
- Attends je rêve ou quoi ?
- Où est-elle ?
- Dans sa chambre. Mais je ne suis pas sûr qu'elle veuille te voir.
- Dis lui que je veux lui parler. Que c'est important. Que je l'attends ici. Dis le lui s'il te plaît !
- Écoute Huggo. Rentre chez toi. Je vais lui dire que tu souhaites lui parler. Mais je ne pense pas qu'elle veuille te voir maintenant. Laisse lui le temps de...
- Qui c'est ?
Maeva apparaît dans le dos de Fabienne, le visage endormie, les yeux embrumés.
- A qui parles-tu Fabienne, reprend-elle en avançant vers nous. Mais... Huggo ? Huggo, qu'est-ce que tu fais là ?
- Je... C'est à dire que... J'ai appris le décès de ta grand mère. Alors je suis venu dès que j'ai pu.
- C'est gentil mais ce n'était pas la peine.
- Je l'aimais beaucoup et cela m'a fait énormément de peine lorsque j'ai su. Je voulais juste... Je sais pas. Je...
- Tu veux entrer prendre un café ?
- Bon. Je crois que je vais y aller, prévient Fabienne en attrapant son trench marron. Maeva, je vais prendre un verre dans le bar du bas. Je dois terminer quelque chose pour le boulot. Je vais certainement en avoir pour une petite heure. Si tu as besoin, appelle moi. Sinon je rentrerai chez moi. Ok ?
- Merci beaucoup Fabienne.

*Photo de Rainxxx

Posté par HUGGO à 21:15 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

== Publicité ==


« Accueil  1  2   Page suivante »