Sexe, Picole et Rock 'N Roll : Chroniques d'un cadre.

- SAISON 2 - * Inspirées de faits réels

06 septembre 2007

Pré-Soirée en tête à tête.

Vendredi. 20h15. Lors du séminaire, Miss L m'a invité à une soirée ce vendredi chez elle. J'ai beaucoup hésité. Des collègues de notre boite étaient aussi conviés. Sachant qu'elle et moi n'avons aucune relation professionnelle au quotidien, ma présence ferait naître quelques soupçons et d'inévitables rumeurs. Depuis que nous nous connaissons, nous entretenons une relation de lycéens : on se cache dans les couloirs pour se voir et éviter de créer d'inutiles rumeurs. Car une grande entreprise est bien pire qu'une école. Il suffit de dire bonjour à la caféteria à une personne que l'on ne côtoie pas habituellement pour que les spectateurs de cette bise nous prêtent une relation sexuelle. Même dans une importante multinationale, la rumeur naît aussi facilement que ça. Et, elle, il ne lui faut pas neuf mois pour sortir. Neuf minutes tout au plus. Alors débarquer chez elle comme ça vaut autant qu'un faire-part de mariage pour ces gens là. "Comment le connaît-elle ?" ; "Ils sont si proches que ça pour qu'elle l'invite?" ; "Mais ils ne bossent jamais ensemble?" ; "Il connaît déjà son appartement et ses potes, c'est bizarre !"...
J'avais pourtant le choix entre une soirée en solitaire devant la fantastique émission de télévision "Sans aucun doute" et sa fiesta. Après avoir dressé un tableau énumérant les pours et les contres - et bien que la balance pencha vers un tête à tête avec Julien Courbet - j'ai décidé d'aller à sa soirée.

free music

Elle m'assure qu'elle a bien invité d'autres personnes que moi. Mais bizarrement, je suis le seul. Ni invité, ni colocataire. Nous profitons de cette intimité pour discuter face à face sur le canapé, coupe de champagne à la main. Ultra sexy, elle s'est fait belle sans en faire trop. Maquillage ultra léger mais incroyablement efficace. Robe à peine échancrée mais terriblement envoûtant. Quelques taches de rousseurs pour seuls bijoux. La lumière tamisée renvoie le léger reflet auburn de ses cheveux sur son visage. A travers la lumière, ils prennent parfois la couleur du feu. Jamais une rousse ne m'ait paru aussi sublime.
Nous sommes à l'aise, plutôt détendus. Nous parlons du boulot et des soirées que nous passons ensemble depuis quelques temps. Avec ses amis ou avec les miens. Jusqu'au SMS que nous nous étions échangé. C'est la première fois que nous en parlons. "On a l'air de deux ados!" lui dis-je avant d'ajouter : "Il va bien falloir qu'on éclaircisse certaines choses, non ?" Un regard soutenu accompagne la profonde inspiration de fumée qu'elle tire sur sa cigarette. Lorsque celle-ci quitte sa bouche, ses lèvres gracieuses me sourient et me chuchotent "Tu as raison. Cessons ce petit jeu" L. rougit et se sent subitement moins à l'aise. De nouvelles taches de rousseurs surgissent sur ses pommettes à la vitesse d'un claquement de doigts. Le malaise s'installe sans prendre de pincettes. Maintenant, un véritable gouffre nous entoure. Comparable à ceux qui nous envahissent lorsqu'on va se baigner au milieu d'une bande de copines - cinq bombes atomiques - avec une trique qui nous aurait fait gagner les JO des plus grosses gaules. L. et moi attendons que l'autre fasse le premier pas. Face à se silence pesant, je décide de me jeter à l'eau. "Quand est-ce que l'on couche ensemble ?"

Parfois, lorsque l'on n'est pas doué pour certaines choses, il vaut mieux éviter de jouer les chevaliers blancs ou les galants hommes. Il faut simplement savoir fermer sa gueule ! La carte de l'humour n'était de toute évidence pas la meilleure à cet instant précis. Compatissante, après un long sourire de courtoisie, elle me répond "Je ne sais pas. Tu te sens prêt toi ?" Bien sur que je me sens prêt ! J'attends que ça putain ! Ça ne se voit pas ? C'est pas assez clair ? J'enchaîne après une seconde de profonde réflexion "Je pense, oui. Oui je crois qu'on pourrait essayer".
Pourtant ce soir, au fond de moi, je comprends que je n'ai jamais vraiment voulu sortir avec L. Mais, sans que je puisse l'expliquer, je me suis laissé guider par le désir de savoir ce qu'elle pense de moi. Par le désir de séduire. Par le désir de plaire. Oui, elle est très séduisante. Mais rien ne nous rapproche réellement.
"Je ne sais pas. Je crois qu'il me faut plus de temps". Sa réponse m'a laissé une impression mitigée. Conforme à celle que j'ai d'elle depuis le début. Je n'ai jamais réellement su ce qu'elle avait en tête. Un jour c'est une groupie. Un autre, elle est distante. Elle me parait d'ailleurs souvent plus séductrice dans ses mails, au téléphone ou dans ses SMS qu'en face à face. Comme si une forme de timidité l'empêchait d'être telle qu'elle est derrière un écran ou un téléphone. Quoi qu'il en soit, j'avoue être déçu qu'elle ne m'ait pas embrassé plutôt que de me dire cela. Même si au final, j'aurais sans aucun doute regretté ce baiser. Avec l'expérience, je sais quel type de femme je recherche. Quel caractère me correspond. Et je sais que Maeva est encore profondément présente dans mon coeur et mon esprit. Néanmoins...

Ah la complexité de l'homme et ses contradictions ! On adore tous bien bouffer et bien boire mais on fait tous de plus en plus attention à notre ligne. On crie tous contre les pollueurs et autres responsables du réchauffement climatique mais cela ne nous empêche pas de faire notre ménage avec des lingettes jetables.

 

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07 septembre 2007

Etrange...

Vendredi. 21h05. Les autres invités débarquent les uns après les autres en l'espace de 5 minutes chrono. A croire qu'ils attendaient tous derrière la porte que Miss L et moi ayons abordé puis conclue cette conversation. A croire qu'ils avaient tous compris que l'heure du début de la soirée était 21h et non 19h30 comme me l'a dit Miss L. A croire qu'elle nous ai réservé ce moment d'intimité...

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11 septembre 2007

Un ange passe.

Samedi. 14h32. Plusieurs jours après sa fiesta et quelques soirées en tête à tête plus tard (sans qu'elles n'aient fait de nous un vrai couple malgré la lourde ambiguïté de nos rapports), L. et moi nous retrouvons pour un brunch sur la place du marché Sainte Catherine, dans le Marais. Elle me dit que Virginie est venu plusieurs fois dans son open space pour parler à son boss cette semaine. Curieux sachant que rien ne nous lie professionnellement. Rien ne justifie sa présence. Qu'a-t-elle pu aller foutre dans son bureau ? On envisage tous les scénarios puis on recoupe nos infos pour élucider ce mystère. Aucune piste sinon qu'elle cherche peut être à obtenir une promotion canapé.

La température est douce sous ce soleil étrangement splendide pour cette saison. Il n'y a pas un seul nuage. Les bistrots du coin ont tous sortis leurs tables pour profiter de leur terrasse. On se croirait au beau milieu du mois de Juin. Derrière de larges lunettes de soleil italiennes, la belle rousse se rapproche toujours plus de moi. Outre les mails la journée, on s'échange de longs SMS quasiment chaque soir. Ceux que nous ne passons pas ensemble.
- Tu as finalement été chez Prune hier soir ?
- Non. En fait, sur les coups de huit heures hier soir, j'ai reçu un SMS d'une vieille copine de lycée ! C'était son anniversaire. Elle vit sur Paris depuis un mois maintenant. Ça m'a fait super bizarre de la revoir et de revoir des vieux potes.
- Cool ! Vous étiez nombreux ? Vous avez fait quoi ?
- Oui, environ une trentaine. On est resté chez elle toute la soirée. C'était vraiment sympa. Oui, c'était cool.
Un truc la gêne. Elle essaie de me dire quelque chose.
- Il y avait qui ? Des gens que je connais ?
- Non. Personne. C'est un autre groupe de potes.
- Et vous avez mangé chez elle ? Elle doit avoir un belle appart' pour accueillir une trentaine de personnes.
- Évidemment pas aussi bien ni aussi grand que le tien mais top quand même.
- Justem...
- Huggo, me coupe-t-elle d'un ton solennel. J'ai revu mon ex hier soir.
- Ah ?
- Il était à la soirée.
- Cool, essaie-je de mentir pour garder un peu de consistance et de dignité.
- Oui. On a un peu parlé. Ça m'a fait bizarre de le revoir. Il était super sympa. Drôle. De bonne humeur. Je ne m'attendais pas à le voir et encore moins qu'il soit comme ça, ni...
- Et vous êtes ressortis ensemble ?

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Elle sort une cigarette de son paquet sans remarquer qu'elle en avait déjà une qui attendait d'être terminée dans le cendrier. Un signe de la tête me sert de réponse positive.

Un simple signe de la tête. A peine un clignement des yeux. Même pas un "oui". A croire qu'il était trop douloureux de me dire "Je suis retournée avec Duchemole". Ou peut être que...
Et puis merde ! Après tout n'est-ce pas la meilleure réponse qu'elle puisse me donner ? Peu importe la forme. Tout compte fait, je sais très bien comment cela aurait fini : nul part. On se serait vite rendu compte qu'on n'est pas fait pour être ensemble. Et cela ne me donnera aucun remord. En fait, je crois que je suis content, même si mon égo peut être froissé. "Cool ! Je suis très content pour toi" je lui lance pour la sortir d'une évidente gêne.

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13 septembre 2007

Spleen

Samedi. 21h. Ce soir, j'ai préféré refusé l'invitation de Ludivine. Mon moral n'est pas excellent.

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Depuis plusieurs jours, je préfère rester seul chez moi. Pour me concentrer un peu plus sur mon boulot. Je crois. Ou peut être pour oublier les mésaventures croisées avec Pen, Maeva puis Miss L. La solitude, la vraie. Pas une solitude physique mais psychologique. La pire. Celle qui me suit tous les jours et toutes les nuits, est de plus en plus pesante. Le fait de ne pas pouvoir sentir une présence, se savoir soutenu et attentionné, se confier, est bien plus difficile à supporter que je ne l'avais jamais imaginé. Quand on est en couple, on n'a pas toujours conscience de rôle que joue l'autre lorsqu'on est seul. Surtout lorsqu'on est seul. Parce que finalement, on sait inconsciemment que cette solitude n'est que passagère et qu'à tout instant on peut contacter l'autre pour lui demander conseil, être réconforté dans les moments difficiles, ou simplement pour lui raconter ce qu'on a fait.

Depuis plusieurs jours, la vision de Guy hante mon esprit. Je ne saurais expliquer pourquoi je repense à cette horrible soirée à New York. Chaque nuit, je fais des cauchemars dans lesquels il est une sorte de bourreau qui m'oblige à faire tout un tas de trucs dégueulasses. Je m'y vois âgé d'une douzaine d'années tout au plus. Puis au milieu de la nuit, je me réveille en sursautant, le corps dégoulinant de sueur. Deux heures, au minimum, me sont nécessaire pour retrouver le sommeil. Mais mes cauchemars reviennent aussitôt, comme s'ils tournaient en boucle dans mon esprit.

Depuis plusieurs jours la tentation de replonger dans la coke m'a brûlé les doigts et les veines. Jusqu'ici, j'ai réussi à résister. Jusqu'à quand ? Avant, ma relation avec Pen m'aidait à oublier l'horreur vécu avec Guy. Car finalement, je savais que c'était grâce à ce rendez vous avec Guy que j'avais rencontré Penelope. Aujourd'hui, elle n'est plus là.

Contrairement à Guy.

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21 septembre 2007

C'est la merde.

Salut,

je vous balance vite fais ce message pour vous prévenir que le passage suivant est peu long. En conséquence, cela prend du temps à écrire. J'aimerai que le passage entier soit terminé avant d'en publier les premières parties. De cette manière, l'attente entre chacune sera moins longue. Vous comprendrez mieux lorsque vous le découvrirez. Veuillez m'excuser pour cette attente. Je prépare également une sorte de petit bonus. Ces deux choses me prennent donc un peu de temps. Mais ne vous inquiétez pas, vous aurez la suite des Chroniques.

A très bientôt.

huggo.canalblog.com

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26 septembre 2007

Allo ?

Dimanche. 19h. Mon téléphone vibre sur la table basse avant de tomber sur le parquet. "MAEVA" s'affiche sur l'écran. Elle m'appelle une fois par semaine environ depuis l'enterrement de sa grand mère. La dernière fois nous nous sommes revu . Je n'ai toujours pas réellement compris pourquoi elle prenait cette peine. S'en veut-elle de m'avoir annoncé sa relation avec Antoine ? Est-ce qu'elle culpabilise de sortir avec un (ex) ami à moi ? A-t-elle pitié de moi ? Ou peut être qu'elle m'appelle simplement parce que je suis encore très lié dans son esprit à sa grand mère. Je ne sais pas. Je me pose souvent ces questions. Avec l'espoir d'y trouver un jour une réponse.

Elle me raconte sa semaine. Son boulot. Ses sorties. Les nouvelles de ses copines et de sa soeur. Elle me parle de tout. Tout ce qui ne touche pas à sa relation avec Antoine. Sujet tabou sans doute. Moi non plus, je n'ai jamais posé de questions sur eux. Et si c'était justement cela qu'elle attend ? Et si elle me téléphonait pour qu'on en parle, pour régler ce problème, pour crever l'abcès ? Qu'est-ce que cela changerait ? Aucune importance après tout.

- Allo ?
- Huggo ! crie-t-elle à bout de souffle.
- Qu'y a-t-il ?
- Huggo ! Je... On peut se voir, essaie-t-elle de me dire du fond de sa gorge enrouée.
Elle pleure à chaudes larmes. Sa voix tremble. Elle semble totalement effrayée. Son souffle est rapide et court. Sans ses pleurs et son nez qui renifle, on croirait qu'elle vient de terminer un marathon.
- Ca va ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- On... On peut se voir ? J'ai... J'ai besoin de... Huggo !
- Oui ! Oui bien sur ! Où ? Tu veux que je vienne chez toi ?
- Oui... Oui s'il te plait. Heu... Non ! Non ! Je suis chez ma grand mère.
- Ok. J'arrive.
- Merci. Merci Huggo, lache-t-elle avant de fondre en sanglôts.

Posté par HUGGO à 00:28 - - Saison 2 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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