12 octobre 2007
Stupéfiant !
Je me balade tranquillement sur le web et paf ! Je tombe sur un article qui parle de... moi ! Quelle surprise. Je ne connais pas son auteur et celui-ci ne m'a pas avertie de sa publication. Alors naturellement, avant de lire, j'imagine les balles en feu se diriger vers moi. Mais non.
L'auteur dépeint d'une manière assez intéressante sa vision des Chroniques. Intéressante et personnelle.
Je remarque en plus que je suis son deuxième billet de son tout nouveau blog ! Sympa. En revanche, aucune info sur l'auteur. A tu déjà posté des commentaires ? A-t-on déjà échangé des mails ? Qu'importe... MERCI !
C'est sympa pour la pub bien sur. Mais plus encore pour m'avoir fait partager tes impressions de "Sexe, Picole et Rock 'N Roll : Chroniques d'un cadre".
Si d'autres ont posté des billets parlant des Chroniques, faîtes le moi savoir !
Encore merci.
Huggo
24 octobre 2007
Mea Culpa
Merci Jul pour ton commentaire. Merci aux autres reçus par email.
Je suis d'accord. Et je n'ai pas d'excuse. Non.
La forme ?
J'ai passé beaucoup de temps à vous rendre l'environnement plus agréable que le si décrié skyblog. Je me suis aussi attaché à vous illustrer les textes avec plus de photos, plus de musique. Le but étant de créer une ambiance. Une atmosphère cinématographique. Évidemment, ca n'a rien à voir avec un film ! Je le sais. Simplement, je souhaite vous rendre la lecture plus agréable.
La régularité ?
Je plaide coupable ! (comment pourrais-je faire autrement ?) J'essaie de prendre plus de temps pour éviter au mieux les fautes. Toujours sans relecture mais cela prend quand même du temps.
L'inspiration (le choix entre les thèmes à aborder et ceux à éviter) n'est pas continue. Parfois, elle déborde. Parfois, elle s'est tirée en vacances, voir carrément en congés sabbatiques pour plusieurs mois.
Mais surtout, j'ai un taf qui me bouffe tout mon temps (et mon énergie) en dépit de ce qu'en pense mon boss. Lorsque je rentre, je suis bien incapable de me poser devant mon pc pour écrire. Plus la force. Plus les idées. Plus de mémoire. Jusqu'à ce que... je n'ai plus internet ! Évidemment, là, ça n'aide pas.
Je ne peux me connecter que via mon téléphone. Alors, quand je peux, j'essaie d'écrire sur word, de le coller sur un stick usb et de vous le lâcher via le pc de potes (discrétos, car ils ne connaissent pas l'existence de ce blog). Pas le meilleur moyen pour bloguer, n'est-ce pas ?
Non, je ne fais pas exprès pour maintenir un quelconque suspens. Ce serait ridicule et pas crédible vu le délai entre chaque note. Je n'ai juste pas le temps ni les moyens de faire autrement.
Le Fond ?
Merci encore pour cet avis Jul. Je comprends également ce sentiment. Les deux saisons sont radicalement différentes. La suite ne devrait pas déroger à cette tendance. Encore que... j'ai essayé de vous surprendre. On verra bien le résultat. J'espère que cela réussira. Mais, il est certain que la saison 1 correspond à une étape de vie qui diffère de la seconde (à moins que... ?!).
Pas de fil rouge ? Pour le coup, Les Chroniques prennent plus que jamais la tournure d'une histoire. Avec un début, une suite et une conclusion. Mais nous n'en sommes pas là. Certes. Mais cela se présente de cette manière et vous le comprendrez ainsi avec la suite.
Allez, j'arrête là sinon, plus de surprise.
Quand débarque la suite ?
J'en sais rien du tout !
Les abonnés seront prévenus. Les autres, je ne peux que vous conseiller de vous abonner ou de vous connecter régulièrement.
Enfin, je tiens à vous préparer un petit "quelque chose" avant de continuer de publier. J'en ai déjà parlé aux abonnés. Bon, vu l'attente de beaucoup, voici un peu plus d'infos : j'aimerai pouvoir publier les chroniques sur lulu.com. Le but est de permettre à ceux qui me l'ont demandé d'acquérir une version papier, type "livre de poche" du blog (sans les photos). Mais cela prend un temps monstrueux. Il faut tout recopier, mettre en page, supprimer les liens, les photos, les fautes les plus flagrantes, les musiques, créer un compte sur ce site, puis un autre sur paypal, choisir le format, transformer le texte word sous le format lulu.com, ... bref, c'est pas simple.
D'autant qu'il faut que tout soit prêt pour la fin. Lorsque celle-ci sera écrite puis publiée, il faut que le livre débarque quasi en même temps. Sinon, je vais recevoir des mails et commentaires pour me demander pourquoi ce n'est pas déjà prêt !
J'espère que vous comprendrez mieux la situation même si celle-ci n'excuse rien du tout, je le sais bien.
Merci encore pour ton commentaire.
25 octobre 2007
Pfff
Oh et puis merde !
Stay Tuned...
26 octobre 2007
Confessions intimes.
Dimanche. 19h40.
- Il... Il m'a crié dessus. On... On... Je suis tellement désolée, Huggo !
- Désolée de quoi ?
- De tout ce que je t'ai fait subir... De t'avoir demandé de venir... Je suis désolée pour Antoine... Je... J'ai été nulle... Je ne me suis pas rendu compte... Il est devenu tellement...
Ses joues ont la couleur de la braise. Ses yeux sont noyés au milieu des larmes. Ses lèvres sont brillantes et cela n'est en rien du à un artifice esthétique.
- Pourquoi es-tu dans cet état ? Que s'est-il passé ?
- Huggo !
- Calme toi Maeva. Raconte ce qu'il s'est passé.
- Nous étions dans la chambre et... Tu sais... On a... On faisait...
Ses oreilles se mettent à rougir à leur tour tandis qu'elle baisse le visage vers son mouchoir. Maeva soulève légèrement les fesses du canapé sur lequel nous sommes assis côte à côte, pour se caler bien au fond contre le dossier.
- Après, poursuit-elle, il est parti... dans la cuisine fumer une cigarette. Et... c'est ensuite qu'il est revenu dans la chambre et qu'il s'est mis à... crier. Il hurlait. Il est devenu fou et... Et il a renversé la lampe... puis a jeté des livres contre le mur et...
Elle grelotte et ne cesse de pleurer. Ses larmes coulent sans jamais vouloir s'arrêter. Et son souffle est de plus en plus faible.
- Calme toi, lui dis-je pour la réconforter du mieux que je peux, sans oser la prendre dans mes bras, ni même la toucher. C'est fini. Je suis là.
- C'était horrible Huggo ! Il... Il est devenu incontrôlable. Absolument furieux ! Je n'arrivais pas à... A comprendre ses mots. Il me criait dessus tellement fort ! J'avais tellement peur.
- Pourquoi Antoine s'est-il énervé ?
- Je n'en sais rien, ment-elle. Je... Je ne comprenais pas ce qu'il me disait.
- Et ensuite, que s'est-il passé ?
- Il s'est approché du lit et m'a violemment empoigné ! Il hurlait et serait très fort mon bras.
Soudain sa voix s'éclaircit. Son débit devient plus fluide et son souffle réapparait. Concentrée et furieuse, dans un ultime effort, elle jette ses dernières forces pour vomir ce qu'elle a sur le coeur.
- Il s'est approché de mon oreille et a crié ! Des insultes horribles. Il avait son doigt tendu vers moi et m'a menacée. J'étais terrorisée ! Je ne savais pas quoi faire pour l'arrêter. Il avait bu et peut être avait-il été sniffer de la coke quand il est parti dans la cuisine. Je savais que je ne pourrais rien contre lui. Alors que j'essayais de comprendre et de trouver un moyen de le calmer , il m'a violemment giflée !
- Quoi ?!
- Il m'a tenu un bras puis avec son autre main, il m'a frappée. Je me suis cognée la tête contre le montant du lit, assure-t-elle en me montrant sous ses cheveux, la plaie qui saigne encore au sommet d'une importante bosse.
Elle n'a plus la force de relever la tête. Son corps se laisse glisser sur le canapé. La tête posée sur mes genoux, elle termine de me raconter ce qu'il s'est passé, des grelots à nouveaux dans la voix, des frissons sur la peau.
- Il m'a frappé comme un fou dans le ventre. Je... Je ne pouvais plus respirer... Je suffoquais. Totalement immobilisée. Il était absolument incontrôlable. Puis, je... Je pense qu'il a réalisé la gravité de ce qu'il venait de faire. Il... Il m'avait déjà battu une fois ou deux, tu sais. Mais jamais aussi violemment. On s'est séparé et je ne voulais plus le voir. Mais... Il me faisait tellement peur que... que...
- Ne t'en fais pas. Tout ça est terminé. Je te le promets.
- J'ai... J'ai tellement... Honte. Honte de tout ça. De te raconter ça. A toi. Après tout ce que je t'ai fait.
- Non, tu n'as pas à avoir honte. C'est moi qui est été con avec toi. Et je le regrette infiniment. Je suis si désolé Maeva. Je...
Elle ferme les yeux et se repose quelques instants, allongée sur le canapé, la tête toujours sur mes genoux. La vitesse de son poul redescend. Ses frissons disparaissent progressivement. Ses larmes se dissipent.
- Quand je t'ai revu ici après la décès de Mamie, j'ai compris. J'étais... tellement heureuse de te revoir... J'ai réagit... bêtement parce que je ne m'attendais pas du tout à te voir. Mais, après ton départ, au fond de moi, j'ai compris... J'ai su qu'avec toi de nouveau revenu, je me sentirai mieux... Plus heureuse... Qu'on se retrouverait petit à petit aussi proche qu'avant. J'ai su que je n'aurais plus peur de lui. Et que tout serai différent. Même si tu es resté très distant depuis ton retour. Je sais qu'un jour, nous reviendrons comme avant, n'est-ce pas ?
- Je... Oui, je... Je ne sais pas Maeva.
Elle relève péniblement la tête et les épaules, puis essaie tant bien que mal de s'asseoir. Je l'y aide en la soutenant. Sa peau est glaciale.
- Tu m'en veux ?
- Je...
- Je comprends, coupe-t-elle.
- Non. Ce n'est pas ça. Mais... C'est juste que je ne peux pas... Je ne pourrais pas supporter d'avoir la même relation qu'avant. Je... Je ne saurais me contenter de n'être qu'un ami, quand bien même serais-je ton meilleur ami. Maeva... Je...
Elle pose ses doigts sur mes lèvres ne me laissant pas terminer une phrase si difficile à exprimer. Au milieu des quelques larmes qui gisent encore sur ses cils, son regard est rempli de tendresse. Délicatement, elle approche son visage du mien, puis enlève alors ses doigts pour laisser la place à ses lèvres.
27 octobre 2007
Une erreur ?
Lundi. 8h. Après avoir laissé un message sur le téléphone de mon boss pour l'avertir que je ne viendrai pas ce matin, je me recouche auprès de Maeva. Elle est nue sous les draps blancs. Plus belle que dans tous mes rêves. Absolument merveilleuse et rayonnante en dépit de son maquillage oublié la veille et de ses cheveux ébourrifés.
Le soleil se reflette dans toute la pièce. C'est une merveilleuse journée qui s'annonce. La luminosité ne semble pas la perturber dans son someille. Les bras blottis contre son ventre, les mains cachées sous sa joue, Maeva parait fatiguée mais apaisé. Elle rayonne. Ses lèvres dessinent un sourire sur son visage endormi.
Tout en l'admirant, je me rends compte de l'erreur que nous avons commise hier soir. Jamais nous n'aurions du précipiter les choses. Jamais nous n'aurions du coucher ensemble tant qu'elle est encore en couple avec ce trou du cul d'Antoine.
Lorsqu'elle se réveille finalement vers 10h, je suis en train de travailler sur mon iPhone, envoyant mails et documents à mon assistante - qui n'a malheureusement rien de personnel : elle est rattachée à toute l'équipe. Je stoppe aussitôt toute activité pour prendre Maeva dans mes bras et lui faire un long et tendre calin. Sa peau si douce est redevenue chaude. Elle sourit à travers son regard fatigué et ses yeux gonflés par les larmes de la veille. Au bout d'une vingtaine de minutes à assister à son réveil progressif ponctué par de longs étirements, ma conscience prend le dessus.
- Je suis l'homme le plus heureux du monde, tu sais. Vraiment ! C'est même inespéré d'être ici après tout ce que nous avons vécu ensemble. Mais... Je ne suis pas sur que nous ayons fait les choses comme nous l'aurions du.
- Je suis d'accord. J'ai... J'ai... Je me suis laissé aller à mes sentiments. Je n'ai rien calculé, rien réfléchi. C'est venu comme ça et... j'en avais tellement envie que... Tu comprends ?
- C'est exactement la même chose pour moi !
- Qu'est-ce qu'on fait alors ?
- Je ne veux pas qu'on fasse de bétise. Je n'ai pas envie d'une aventure. Pas avec toi. Alors... Le mieux est que tu réfléchisses à ce que tu veux et que tu prennes les décisions qui s'imposent. Pour moi ou pour lui.
- Je sais !
- Si tu veux qu'on fasse quelque chose ensemble, je préfère que tu éclaircisses la situation avec lui. Je ne partagerai pas, ni ne serait l'ami que tu avais avant. C'est au dessus de mes forces.
Elle se lève d'un pas décidée, attrape son portable et recherche un numéro dans sa liste de contacts.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'envoi un message à Antoine.
- Là ? Comme ça ? Tu es sûre ?
- Je n'ai ni envie d'une aventure, ni envie que tu partes. J'ai enfin ce dont j'ai toujours eu envie, là, maintenant, dans mon lit ! Je ne te laisserai pas filer ! Et surtout pas pour un connard qui me bat !
- Je ne veux pas que tu le quittes pour moi. Je veux que tu le quittes parce que tu es certaine que c'est ce que tu veux. Et uniquement pour ça. Sinon, un jour tu le regretteras et je te perdrais à nouveau.
- Ca n'a rien à voir avec toi. Je veux le quitter depuis longtemps. Mais je n'ai jamais eu la force ni le courage de la faire. Parce qu'au fond de moi, je t'ai toujours attendu. Sans m'en rendre compte, je préférais rester avec lui que rester seule à t'attendre parce qu'il me permettait de ne pas me morfondre en pensant désespérément à toi. C'est nul, je sais. Mais je n'y peux rien : je n'ai jamais réussi à t'oublier. Je l'estimais mais après qu'il ai commencé à me battre, cela à tout changer. J'aurais pu le quitter mais j'avais bien trop peur de retomber dans une profonde déprime en espérant désespérement te revoir. Huggo, si je veux le quitter c'est parce que je sais que je ne l'aime pas. Et parce que je sais à quel point j'ai envie de rester avec toi et qu'on vive quelque chose ensemble.
Je me rapproche d'elle et la prend dans mes bras. Instinctivement nous nous embrassons, un sourire aux lèvres, heureux de nous retrouver enfin.
- Tu ne vas quand même pas lui annoncer par SMS ? Il faut que tu lui parles Maeva.
- Tu crois qu'il a pris des pincettes pour me frapper dans le ventre ? s'emporte-t-elle encore envahit par la rage et la douleur du clash de la veille. Je ne veux plus entendre parler de lui ! Je ne veux plus le voir ni lui parler ! Tu sais Huggo, ajoute-elle d'une voix plus douce, même si tu n'étais pas venu hier, même si nous nous étions jamais revu, j'aurai rompu et je ne l'aurai pas fait autrement ! Il ne mérite rien. Qu'il s'estime déjà heureux que je le prévienne. Ne parlons plus de lui. Parlons de toi. De nous !
Elle appuie son visage sur ma poitrine, m'entoure de ses bras et me sert très fort contre elle ; puis me chuchotte "Je suis si heureuse Huggo".
28 octobre 2007
Mon rayon de soleil
Lundi. 11h45. Lorsqu'elle sort de la douche, c'est une tout autre femme qui se présente dans la chambre. Je retrouve la fille pétillante et rayonnante qui habitait mes rêves.
Les paupières gonflées ont disparu. Les petits yeux fatigués ne sont plus. Maeva s'est fait belle. Une beauté sans artifice. Une simple robe, légère, blanche à motifs colorés. Des yeux reposés, sans maquillage. Un sourire revenu prendre sa place. Une vitalité naturelle retrouvée. L'envie de rire. De transmettre son bonheur. De le partager ensemble. De nous retrouver comme avant.
On se laisse aller. On a l'air de deux véritables gamins : nous nous jetons sur le lit et nous sautons l'un sur l'autre en nous chamaillant. Plus rien ne compte autour de nous. Surtout pas le ridicule. Ni le boulot qui pourtant nous attend. On se laisse vivre. On ne pense plus à rien. Ni à personne. Rien ne compte d'autre que nous deux. Là. Maintenant.
Une guerre pourrait éclater en bas de la fenêtre, on n'y prêterait même pas attention !
Nous n'avons qu'une seule envie. Profiter de l'instant. Profiter l'un de l'autre. On s'amuse. On se caresse. On se chatouille. On s'embrasse. On s'enlace. On se prélasse. On tombe à nouveau dans d'enivrantes étreintes.
Dans la douche - la deuxième de la matinée - nous bullons, blottis l'un contre l'autre, jusqu'à la dernière goutte d'eau chaude, espérant qu'elle arrive le plus tard possible. Puis, alors que la chanson "Somewhere Over the Rainbow" résonne dans toute la chambre, nous nous habillons tout en dansant et chahutant. Haut perchés dans notre rêve, nous faisons tout pour le prolonger.
Deux jours durant, nous oublions tout et nous nous enfermons ensemble dans une bulle de bonheur. Deux jours durant, nous disparaissons de la circulation. Pas de boulot, pas d'amis, pas de sorties, pas de restaurants, pas de cinés, pas de coups de téléphone, pas de connexion sur internet. Rien. Juste nous deux. Juste pour discuter, partager, profiter, rattraper le temps perdu. Juste pour se rapprocher l'un de l'autre. Se retrouver. Se recréer notre intimité. Se confier. S'aimer.
L'amour est un refuge molletonné. Un cocon. Un univers magique et merveilleux. L'amour est une tendre régression, un plongeon dans le ventre de notre mère qui nous protège des violences de la réalité et nous projette des espoirs d'une vie parfaite, douce, passionnante, paisible et idéale. L'amour est un rêve duquel on ne veut jamais sortir.
30 octobre 2007
Réminescences
Samedi. 08h20. Je ne me souviens plus de ma dernière grasse matinée. Cela me semble si loin. Moi qui adorait me prélasser au fond de mon lit jusqu'au tôt dans l'après midi. Le temps où je n'avais pas d'autres soucis que de savoir s'il me restait du whisky, où j'allais passer la soirée, qui j'allais baiser, tout ceci me parait très éloigné de ma réalité. Pourquoi en ce samedi matin me reviennent toutes ces réminiscences ?
Péniblement, je pose la main sur le bouton "Snooze" de mon réveil qui hurle à la mort. Pour la deuxième fois. Toutes les cinq minutes, il me rappelle que je suis en retard et qu'il est grand temps que je me lève. Il y a encore quelques semaines, ce foutu réveil pouvait bien sonner autant de fois qu'il voulait. Je ne bougeais pas d'un centimètre avant la sixième sonnerie au minimum. Enfin je crois que c'était la sixième. Mais curieusement, dans mon inconscient, je ne l'entendais sonner toujours qu'une seule fois. Je ne me souvenais jamais des sonneries répétitives et encore moins de l'avoir éteins à plusieurs reprises. En fait, je me suis rendu compte qu'il me fallait au mieux une demi heure de somnolence avant de pouvoir émerger et enfin poser un pied par terre. Quoi qu'il en soit, le "snoozer" de Sony m'a permis de me réveiller en douceur pendant de nombreuses années. De me réveiller tout court d'ailleurs.
Inutile de le vérifier : bien que les draps soient encore chaud de son côté du lit, je sais qu'elle n'est pas dedans. Mes yeux s'ouvrent enfin. Le contact du sol frais conclut le processus de réveil. Le temps de mettre mon peignoir en éponge blanc volé au Grand Hyatt de Manhattan, j'arrive dans la cuisine où l'odeur du café chaud est une vraie délivrance. Une sorte de récompense pour me féliciter d'avoir réussi à me lever si rapidement. Bien qu'à l'époque j'avais longuement hésité à débourser 90 dollars pour une cafetière programmable - d'autant plus que j'étais en vacances et autant dire que ce n'est pas particulièrement le moment idéal pour un tel achat - je ne l'ai cependant jamais regretté. Particulièrement les week-ends à cette heure-ci. Je plonge un sucre et une cuillère dans mon mug, puis me sert un verre de jus d'orange que je laisse remonter à température ambiante, posé sur le plan de travail, le temps de boire mon café. Un choc thermique à cette heure là et je suis d'une sale humeur toute la journée. Aujourd'hui, j'ai appris à faire attention à chaque détail pour prendre soin de mes nerfs. La moindre contrariété avait de plus en plus d'emprise sur moi. Alors autant éviter au maximum tout ce qui pourrait me foutre hors de moi. J'avais suffisamment d'emmerdes qui me ruinaient mes journées. Inutile de rajouter ce qui pouvait être évité.
Tout en buvant mon café, j'allume mon petit plasma figé à côté du micro-ondes. A cette heure là, un samedi matin, je n'ai jamais rien trouvé d'intéressant. Mais bizarrement cela ne m'empêchait pas de systématiquement zapper. Ce matin comme tous les autres samedis, je conclue ma recherche sur les clips musicaux de MTV, une valeur (a peu près) sure. Mais ce matin, juste après le "Premier Love" de Tony Parker, un reportage attire mon attention. En regardant l'écran, je comprends que ce samedi a décidé de me replonger dans mes souvenirs : la chaîne musicale diffuse un reportage sur Pen. Les images la montre à la sortie de son hôtel new yorkais, le Grand Hyatt. Je ne peux m'empêcher de sourire et de revoir toutes ses images de notre première rencontre se bousculer dans ma tête. La pluie diluvienne, le vieux portier, sa robe blanche, notre dîner dans sa chambre. Trois ans plus tard, j'ai toujours l'impression que c'était hier. Nous avons si souvent eu l'occasion de raconter cette histoire que je n'en ai oublié aucun détail. Lorsque j'ai raconté cette histoire la première fois, Vince m'a pris pour un dingue, me soupçonnant d'être en train de faire une overdose. " Penelope Cruz ? L'actrice ? Arrête de te foutre de ma gueule Huggo !" Rien à faire. Au début et pendant plusieurs semaines, Vince a pris un malin plaisir à raconter cette histoire à chaque fois qu'il le pouvait, ne manquant pas de se payer ma tête. Je suis passé pour le plus grand mythomane de Paris sans aucun doute, de France sûrement, d'Europe probablement. Au début, je me sentais affreusement ridicule lorsque tous se foutaient de moi. Je les sentais me regarder avec un regard suspicieux. Je les voyais se dire " Mais pourquoi invente-il une histoire pareille ? Est-il devenu fou ?". Un temps, je n'osais plus les voir. Fabienne était même venue chez moi un soir pour me poser tout un tas de questions sur ma santé, sur ma consommation d'alcool et de coke, sur mon rythme de vie, sur mes fréquentations, sur mon travail et ma famille, sur mes visites chez mon psy. Tous les sujets y sont passés. Elle cherchait à comprendre pourquoi j'avais dit une si grosse énormité. Puis, avec le temps, je me suis habitué à toutes ces remarques qui de toutes façon se sont atténuées. J'ai rapidement compris qu'il ne me servirait à rien de raconter mon histoire avec Pen. Je savais que pendant quelques temps, nous ne pourrions pas nous montrer tous les deux. Jusqu'à ce que...
Ça y est. Je l'entends. C'est l'heure. J'éteins la télé, pose mon mug dans l'évier, me lave les mains, traverse le salon, salue à travers la fenêtre les photographes qui font le guêt au pied de l'immeuble et pousse la porte de sa chambre. Elle est réveillée. Une de ses petites mains lui frotte les yeux, l'autre l'étire. Doucement, je m'approche du lit. Elle ne m'a pas entendue entrer. Même au réveil, elle est si belle. Si douce. Elle a ce je-ne-sais-quoi qui me foudroie à chaque fois que je pose mon regard sur elle. La nature l'a gâté. Le ciel m'a béni. Comme chaque matin, en tournant la tête vers moi, ma petite Zoé m'offre un magnifique sourire, qui, du haut de ses trois mois, m'illumine le coeur. Don McLean. Wonderful Baby.
Troublante ressemblance.
Samedi. 8h40. Comme tous les jours, Zoé s'est glissée discrètement dans notre lit en pleine nuit. Puis, tout aussi discrètement, est revenue terminer la nuit dans sa chambre avant que le réveil ne sonne. Elle n'a que trois ans et pourtant elle a parfois des réactions d'adultes. C'est très curieux.
Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle faisait cet aller-retour chaque nuit, elle m'a regardé droit dans les yeux avec le regard posé d'un vieux sage et m'a affirmé "Papa, c'est pour que tu te réveilles avec des draps chauds à côté de toi. Comme ça, ça fait comme si maman n'était pas morte mais simplement partie travailler."
Depuis qu'elle peux marcher seule et malgré lui avoir dit qu'elle n'était pas obligé de le faire, Zoé ne cesse de répéter cette incroyable et touchante attention. Elle n'a jamais vu Maeva de sa vie. Mais il existe un lien fort entre elles. Une sorte de lien subliminal. J'ai parfois l'impression que Maeva lui chuchote des recommandations à l'oreille. Pour qu'elle soit une fille bien élevé. Et pour qu'elle soit gentille et attentionné avec son papa. Souvent Zoé me reprend, me surveille, m'aide, me soutient, me porte une grande attention ou me câline exactement de la même manière que Maeva.
C'en est troublant. D'autant plus perturbant qu'elles se ressemblent énormément. Un vrai sosie de sa mère.
31 octobre 2007
Trois ans.
Samedi. 9h01. Trois ans. Jour pour jour. Voilà pourquoi je me replonge à nouveau dans tous ces souvenirs aujourd'hui. C'est le troisième anniversaire de Zoé. Et le troisième du décès de Maeva. Morte à l'accouchement de Zoé.
Tout se passait merveilleusement bien. Nous nagions enfin dans le bonheur ensemble. Chacun de notre côté et ensemble. Nous étions en parfaite osmose. Les mêmes envies, au même moment. Nous vivions en harmonie. On sortait, on invitait nos amis, on voyageait, on s'organisait des dîners romantiques en tête à tête, on passait des soirées chacun de notre côté avec nos amis, on aimait chacun notre belle-famille et les amis de l'autre. Le vrai bonheur. La vie rêvée. La vie heureuse. L'amour. Le vrai. Le grand. L'amour fusionnel.
Lorsque Maeva m'a annoncé qu'elle était enceinte, je ne m'y attendais pas du tout ! Comment aurais-je pu m'y préparer : elle me l'a annoncé à peine plus d'un mois après nos retrouvailles. Et le gynéco nous a révelés que nous l'avions conçu le jour de nos retrouvailles. Le jour où je suis venu chez sa grand mère pour la réconforter. La première fois où nous avons couché ensemble ! Mais même si j'étais très surpris, je n'ai pas eu une seule seconde d'hésitation : je me suis jeté dans ses bras. J'étais l'homme le plus heureux du monde. Notre bonheur était total. Même si nous n'avions rien planifié, si ce n'était pas du tout prévu si tôt, tous les deux étions d'accord, nous voulions le garder ! Nous voulions ce bébé. Nous voulions fonder une famille. Nous voulions construire l'avenir ensemble.
Mais le sort nous a rattrapés. Fauchés en plein vol. La chute fut violente. Elle m'a terrassé.
L'accouchement a provoqué la déchirure de plusieurs tissus et organes dans le ventre de Maeva. Du sang s'est propagé et a rempli ses poumons comprimant son coeur avec une puissance et une violence insurmontable. Tout se dont je me souviens avec précisions, ce sont ces mots du chirurgien. " Plusieurs organes avaient subis de nombreux dommages. Les tissus ont résistés jusqu'à l'accouchement mais eux aussi ont été endommagés avant. L'accouchement n'est pas la cause. Il apparaît très clairement que Maeva a été battue ! "
Je suis tombé sur les genoux aussitôt après avoir entendu ce dernier mot. J'ai pleuré plus que durant toute mon enfance. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ! Cette question, ce mot, envahi encore aujourd'hui mon esprit. Pourquoi elle ? Pourquoi ne m'a-t-elle jamais parlé de douleurs au ventre ? Pourquoi m'avoir caché qu'Antoine la battait régulièrement ? Pourquoi en est-elle morte ? Pourquoi elle ? Pourquoi nous avoir gâché notre bonheur ? Pourquoi nous avoir séparés à nouveau ?
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma fille. Pourtant, comme chaque année, une effroyable nostalgie me déchire les tripes. Un anniversaire est normalement une journée de joie, de bonheur, de doux souvenirs. Mais pour moi, c'est tout autant la mémoire d'un drame qui me ravage perpétuellement. Ce mélange de sentiments est étrange. Si étrange. Si lourd à porter.
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